‹ Francia; histoire illustrée de la FranceChapitre 176 sur 725 · LA COUR ET LE POUVOIR · texte numérisé non relu

LA COUR ET LE POUVOIR

diplomatie et des bâtiments, et qu'il l'ordre déjà envoyé et que sa tête répon-

n'étonnait pas moins par la sûreté de ses dait que le contre-ordre arriverait à

connaissances que par sa judiciaire et temps',

par sa prudence. Il devint dévot en vieillissant, pour

Il eut le sens du beau qu'on développe, son salut, mais, aussi, par politique.

is qu'on n'acquiert pas, et il a juste- Iln'avait pas seize ans qu'un Jésuite^

mais

ment attaché son nom au style de son époque qui allie si bien la majesté royale et la clarté française.

Il aima les lettres et fut plus que le Mécène, l'ami de Molière.

D'une santé de fer où glissent toutes les fatigues (gros

mangeur, grand chasseur, grand travailleur) et d'un tempérament de dieu olympien, qui lui fit donner au monde le spectacle de ses amours adultères à découvert et de di.x-huit paternités naturelles, tout en lui respirait la force et la confiance en lui-même la plus insolente.

Il n'était point méchant. « Le croira-t-on? dit Saint- Simon, il était né bon et juste. » Il serait contraire à la vérité de n'imputer qu'à lui les persécutions et les horreurs qui furent le cortège de la révocation de lEdit de Nantes ; il fut souvent circonvenu et trompé. Pour les incendies et ravages du Palatinat, ce fut l'œuvre de Louvois ; quand Louvois lui fit part qu'il avait décidé encore de brûler Trêves, le roi en fureur lui commanda de révoquer

U.V BAL A LA COUR Au centre, le Rci danse le Menuet. A droite, un officier apporte des fruits ; à gauche, une invitée tient la partition du Meniitl de Strasbourg- ; au fond des violons. (Gravure d'un Almanach pour 1682, Bibl.Nat., list.)

admirait force de dissimulation.

< Avec cela, lamais de mensonge. »

Son rôle de grand roi, il le joua au naturel. S'il fut brutal clans la fortune, il ne léchit à aucun moment dans l'adversité et, bien au contraire, lie se redressa lamaissihaut que vaincu et accablé par 'e destin.

La cour et le pouvoir.

— L'immensité de son orgueil, entretenu par un monde de (ourtisans et tie flatteurs, illa jusqu'au ridicule des ballets et des illégories où il figurait « le Roi-Soleil », mais sans «ju'il se départît jamais d'une politesse exquise, qui le faisait soulever son chapeau jusqu'aux femmes de chambre et qui donna le ton à la cour et à la ville.

La plus parfaite société polie qui ait existé et qui n'a point peu contribué au lustre de la France, est l'œuvre de la monarchie et, particulièrement, de Louis XIV. Port et geste, tout en lui

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