LE CONSEIL D'EN HAUT
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était, sans effort, noble et grand. Sa grâce «L'Etat, c'est moi.» — C'est ainsi
majestueuseétaitextrêmeet qu'un Racine que cette puissance illimitée et la plus
ait souffert à en mourir d'avoir déplu à belle armée du monde, il ne les employa
un prince aussi charmant, c'est tout dire, point au seul service de grands intérêts
Il n'est pas certain qu'il ait aimé ; mais français. Qu'il ait ou non prononcé la
il n'y a pas de doute qu'il fut aimé. parole d'égoïsme et d'orgueil, qui ne
Le peuple, au sortir de la Fronde et serait jamais venue à la pensée de
avec le souvenir de la Ligue, n'entra dans Henri IV: « L'Etat, c'est moi ! », il s'était
aucun règne avec une foi m.onarchique à tel point identifié avec l'Etat que les
plus intense et, tant qu'il put, se mira intérêts de sa maison et les siens furent,
dans la gloire du prince et fit du roi connue à ses yeux, les intérêts du royaume,
une projection de Dieu *. Comme il n'en était rien, ce règne
Que le roi ne rendît d'autre raison de qui commença par l'apothéose finit dans
ses volontés que cette formule de ses la plus affreuse détresse, et ce roi qui
ordonnances: «Car tel est notre bon avait été adoré à la folie, comme l'image
plaisir », cela n'offensait encore personne, la plus brillante de la France, mourut sans
Il eut, avec le consentement général, un être regretté de personne. «J'ai vu,
pouvoir aussi absolu qu'aucun monarque raconte Voltaire, de petites tentes dres-
d'Asie. Quel usage en aurait fait un grand sées sur le chemin de Saint-Denis. On y
homme '.Louis XIV ne sera qu'un grand roi. buvait, on y chantait, on riait. »