‹ Francia; histoire illustrée de la FranceChapitre 188 sur 725 · LOUIS XIV ET L'EUROPE · texte numérisé non relu

LOUIS XIV ET L'EUROPE

Les Guerres. Il Réunion des Flandres, de la Franche-Comté

et de Strasbourg. || Révocation de l'Édit de Nantes. || L'Europe

contre Louis XIV. || La succession d'Espagne.

Les guerres. — Louis XIV, mourant, dira à son arrière-petit-fils, qui allait devenir Louis XV : « J'ai trop aimé la guerre, ne m'imitez pas en cela. »

Quatre grandes guerres remplirent son règne, accrurent, puis éreintèrent la France. La première fut une guerre de limites. La pensée de Richelieu se continua encore dans la seconde, mais déjà altérée. Les deux autres furent des guerres de magnificence et de conquête avant de tourner à de difficiles ou à de cruelles défensives.

De 1661 à 1667, Louis XIV arrêta son dessein : achever la France et faire d'elle le premierroyaume de la chrétienté.

La France n'a atteint encore ses limites naturelles qu'aux deux mers et aux Pyrénées; à l'Est, l'Espagne est encore en Franche-

Comté, aux Flandres et aux Pays-Bas, et l'Empire à Strasbourg. Par malheur, Louis XIV emmêle deux politiques :

celle de Richelieu qui est la frontière de la Gaule et la sienne qui est la succession d'Espagne.

La pensée de la succession hante tout le règne, elle vicie jusqu'aux revendications de terres incontestablement françaises.

Prologue des grandes guerres. — L'ambition de Louis XIV de se faire reconnaître comme le chef de l'Europe apparut dès le prologue de ses guerres. « Par grandeur de courage », ainsi qu'il appelle son orgueil, il défie, humilie toutes les puissances.

A Londres, où la dynastie nouvellement rétablie des Stuarts est portée d'iu-

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clination vers la France, il signifie son refus de faire saluer les vaisseaux anglais > par les français dans les eaux britanniques. En Hollande, il réclame le salut de la vieille marine de Ruy ter pour la marine, encore naissante, de Colbert. A Vienne, il exige de l'empereur qu'il fasse part de son élection avant de recevoir les compliments d'usage. A Madrid, il impose au roi catholique la préséance de ses ambassadeurs. A Rome, il force le pape Alexandre VII à licencier les gardes corses qui ont insulté l'ambassadeur Créqui, à lui envoyer ses excuses par un légat et à élever dans la ville sainte une pyramide commémora tive de l'humiliation.

Quand il passe de l'agression contre le pape à la Croisade contre les Turcs qui ont envahi la Hongrie et menacent \'ienne, c'est avec la prétention .d'en être le chef.

Quand MontecucuUi, avec le concours de Coligny, gagne la bataille de Saint-Gothard, il en revendique toute la gloire; il faut que l'archevêque de Presbourg le proclame « le roi invaincu des Gaulois, le conservateur de la Hongrie ».

Guerre des droits de la reine. — Si légitime que fût l'cjbjet, «la raison invincible», a-t-on dit ', de sa première guerre (faire rentrer au corps du royaume les Flandres et la Franche-Comté), le roi l'engagea devant une Europe déjà hostile. Philippe IV étant mort (1665), après avoir exclu une fois de plus sa fille Marie- Thérèse de la succession d'Espagne, les légistes de Louis XIV lui découvrirent le

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