I. PRoaoïioN, De la guerre et de la pair
F. iJli LOUIS, .\IV
Portée : environ 400 mètres.
(Musée d'Artillerie.)
PAIX D' AIX-LA-CHAPELLE. — i66l
droit de dévolution. C'était une coutume L'alliance contre la Hollande. — Cette
du droit civil de Brabant, qui voulait que paix bâtarde, après cette gueixe inachevée,
la propriété des tîefs, en cas de second ne fut qu'un entr'acte.
mariage, passât aux enfants du premier D'avoir été arrêté par les Hollandais,
lit, le survivant des deux époux n'en Louis XIV conclut qu'il fallait les mettre
ayant qu'un usufruit. Au surplus, la dot de la reine n'ayant pas été versée, le roi était justifié à se payer en terres et à réclamer la Belgique et la Comté.
Dans une première campagne (1667), Turenne, en trois mois, prit Charleroi, Tournai, Douai, Courtrai et Lille ; et Condé, en trois semaines, l'année d'après, Besançon, Salins, Gray et Dôle. Peu ou point de résistance. Ces deux campagnes, en, présence du roi, parurent des voyages de cour.
Triple alliance de La Haye. — Une si orillante et rapide fortune, surtout le dessein apparent de Turenne de pousser sur Bruxelles « avec les plus belles troupes du monde », au lieu de porter l'Eu-
hors d'état de s'opposer désormais à ses desseins ».
Le véritable moyen de parvenir à la conquête des Pays-Bas, c'était d'abaisser ce peuple de marchands et, « s'il était possible, de les anéantir » ^.
11 était entré sans alliés dans sa première guerre ; il s'assura pour sa guerre contre la Hollande l'alliance de l'Angleterre.
L'accord fut négocié par la duchesse d'Orléans, sœur de Charles 11 et belle-sœur de Louis XIV.
Le roi anglais se convertira à la religion catholique, recevra des subsides annuels, et, pour 50 vaisseaux qu'il fournira, aura pour récompense, dans le partage de la république batave, les îles hollandaises et les embouchures
rope à la résignation, la , ,, , ^ , ,. - -
décidèrent à intervenir. Si d'Au^ Wg Jt de u successiô' dC de l'Escaut et de la Meuse Louis XIV ne se contente pagne, n porte le fusil à pierre et l'épée. (traité de Douvres, 1670). pas de ses conquêtes en (^'^""'^ <^'l ^^^^Vf'"/? ^''""C'"- La clause de la conver- Flandre, on le ramènera sion était 1 aveu d une
aux termes du traité des Pyrénées. politique qui cessait d'être exclusivement
L'aSaire fut menée en secret par le française, d'une politique religieuse. grand pensionnaire de Hollande, Jean Comme on est loin déjà des grands
de Witt. Aussitôt conclue, la triple alliance de La Haye (Hollande, Angleterre et Suède) offrit sa médiation.
« Piqué au vif par l'insolence de la Hollande », Louis XIV pensa d'abord à se jeter sur elle, mais l'horizon se rembrumait : l'empereur commençait à lever des troupes, les Suisses se remuaient, le duc de Lorraine offrait 8 000 hommes.
Qu'y avait-il derrière ces menaces et ce bruit? Louis XIV dit qu'il «appela la prudence au secours ». Par la paix d'Aix-la-Chapelle (mai 1668), il garda les Flandres, rendit la Franche-Comté.
Turenne, à la nouvelle de la paix, « parut un homme qui aurait reçu un
cardinaux ! Louvois dira brutalement :
« C'est un plan arrêté ; le roi détruira la religion prétendue réformée partout où ses armes la rencontreront. »
L'année même du traité de Douvres, Madame mourut subitement. On murmura qu'elle avait été empoisonnée.
Bossuet ^ prononça l'oraison funèbre :
« Nuit effroyable où retentit tout à coup comme un éclat de tonnerre, cette étonnante nouvelle : « Madame se meurt 1 Madame est morte ! » C'était une âme charmante qui laissa, dans ce siècle dur, un parfum de bonté.
La guerre de Hollande. — Le traité de Douvres était une première revanche
coup de massue». Il se tenait assuré de delà Ligue de La Haye; Louis XIV, pous-
conquérir en une campagne « ce qui sant ses avantages, arracha à l'empe-
restait des Pays-Bas catholiques au roi reur Léopold et acheta aux princes alled'Espagne ». C'était l'avis de Jean de
Witt lui-même que la conquête de la ^ Mémoire de Louis XIV sur la guerre de
Belgique n eut ete qu une promenade; les Hollande ; lettre de Louvois à Condé. difficultés n'auraient commencé qu'après. 2. \'oir le chapitre XVIII.
if,j2 A IÙ7S. — GUERRE DE HOLLANDE.
mands la promesse de ne pas aider les Hollandais.
On peut comparer assez exactement le rôle de la Hollande d'alors à celui de V^enise au temps des guerres d'Italie : recherchée et jcJousée pour sa puissance et sa richesse, elle était tantôt l'instigatrice, tantôt la victime des coalitions.
L'un des plus illustres savants du siècle, l'allemand Leibnitz, fit proposer en vain à Louis XIV de tourner son activité vers l'Orient, d'y conquérir l'Egypte et d'y percer le canal de Suez.
Les Etats généraux des Pays-Bas, voyant monter l'orage, offrirent de faire
s'étant rejoints à Maestricht, marchent droit au Rhin. Le fleuve est passé (12 juin 1672) en présence du roi, audessous du fort de Scherk, en face d'une tour de péage (Tol-Huys). «Il n'y avait, de l'autre côté de l'eau, que quatre à cinq cavaliers, et deux faibles régiments d'infanterie, sans canon. '■ »
« Opération du quatrième ordre », dira plus tard Xapoléon, mais que les poètes et les artistes égalèrent au passage du Granique par Alexandre.
Invasion de la Hollande. — Envahie de tous les côtés, et comme nos cavaliers n'étaient plus qu'à 10 kilo»