I. \'oi.TATRE, Siiclc de Louis XIV
PA[X DE NI M F: GUE. — ibjS.
laume, le Taciturne, qui avait libéré les Pavs-Bas de 1" Espagne. Résolu « de mourir sur sa dernière digfue », il ue mit pas plus d'un an à nouer avec l'empere\ir, les princes allemands, hors l'électeur de Bavière, et llispagne, une nouvelle coalition.
Détection de l'Angleterre. — La politique religieuse de Louis XIV alannait si fort les pays protestaiits que le gouvernement anglais ue put s'empêcher de dénoncer l'alliaure. Le cri public l'obligea à faire sa paix avec la Hollande (1674). Les Communes ne s'inquiétaient pas moins de la Belgique ; l'ambassadeur français écrivait : <' Les Anglais vendraient leur chemise pour la conservation des Pays-Bas. »
Trois ans plus tard, Charles II donna au prince d'Orange la main de sa nièce Marie, tille du duc d'York, héritière du trône d'Angleterre. Le Danemark entra à son tovu: dans, la coalition. Seule la Suède resta fidèle.
La Hollande, abandonnée de tous en 1672, devint ainsi le centre de TEiurope « contre le tout puissant doge de France». La rivalité de Louis XIV et de Guillaume III a succédé à la rivalité de François I"et de Charles-Quint.
Dernière campagne de Turenne. — Comme cette multitude d'ennemis « parlaient des langues différentes, tels les fondateurs -de Babel •>, Louis XIV saura bientôt tirer profit de leurs difficultés à se proposer un but commun. En attendant, il évacue ses conquêtes éloignées, Hollande et Palatinat, mais pour en faire de nouvelles <- aux endroits où il pourra mieux attaquer et se défendre ».
L'année 1674, ruineuse pour la diplomatie, fut particulièrement glorieuse pour les armes. Au printemps, le roi, avec \ auban, réduisit en cinq semaines la Franche-Comté. A l'été, Condé gagna à Senef, entre. Charleroi et Mons, sa dernière grande bataille et rejeta le prince d'Orange en Belgique. A l'hiver, Turenne, qui « croissait d'audace en vieillissant », couromia sa carrière par son chef-d'œuvre, la campagne d'Alsace.
La municipalité de Strasbourg ayant livré le pont du Rhin aux Impériaux, il s'était retiré en Lorraine par le col de Saveme tandis que le (irand- Électeur de Brandebourg s'installait en .\lsace et que Versailles se mettait en rumeur.
Tout à coup, il le^■a son camp, fila en secret le long des Vosges jusqu'à Mulhouse, rentra en Alsace par la trouée de Belfort, surprit les Allemands à Turkheim, les mit en déroute et leur fit
repasser le Rhin, après leur avoir tué, blessé ou pris 40 000 hommes.
Mort de Turenne. — L'été d'après, il reprit sa partie d'échecs contre Montecuculli, mais de l'autre côté du Rhin. Comme il s'occupait à placer luimême une batterie, un coup de canon tennina la vie de ce grand homme.
<i L'armée le pleura comme son père, et la cour et tout le peuple gémit. ^'> Le roi le fit enterrer à Saint-Denis.
Vauban. — La mort de Turenne et, bientôt, la retraite de Condé, usé avant l'âge, changèrent le caractère de la guerre ; elle devint une guerre de sièges, selon le goiit de Louis XIV, qui se complaisait à allonger, comme sur un tableau de chasse, la liste des villes que lui prenait le poliorcète ^ Vauban.
On a compté que Vauban a dirigé 53 sièges et construit ou renouvelé 300 places fortes.
Comme Turenne, Vauban avait coutume de dire que le solide agrandissement de la France était du côté des Pays-Bas espagnols et que le roi devait toujours songer « à y faire son pré carré ». Après la paix d'Aix-la-Chapelle, quand Louvois le chargea des travaux de Saint-Quentin et de Guise : « Il m'est entré, lui dit-il, dans l'esprit un moyen très excellent pour les mieux fortifier et qui est d'en aller tracer les fortifications alentour de Mens, Condé et Ypres. »
Prendre ces places des Pays-Bas espagnols », ce fut la stratégie des deniières années de la guerre.
Duquesne — Les grandes opérations furent sur mer. Duquesne, comme Turenne, était prote:>tant et datait de Richelieu. Vivonne, frère de Mme de Montespan, alors la maîtresse en titre du roi, s" étant laissé bloquer dans Messine, Duquesne prit le commandement, livra devant S\Tacuse une furieuse bataille aux flottes hollandaises et espagnoles qui étaient réunies sous le grandamiral Ruyter, puis acheva leur défaite vers l'entrée du Canal.
La mort de Ruyter, frappé d'un boulet sur la dunette de son na\ire, ajouta au retentissement de ces victoires.
La marine de Colbert valait les armées de Louvois.
Paix de Nimègue. — Les négociations, que le roi avait engagées de toutes parts,