‹ Francia; histoire illustrée de la FranceChapitre 204 sur 725 · GUERRE DE LA LIGUE D'A U GSBOURG · texte numérisé non relu

GUERRE DE LA LIGUE D'A U GSBOURG

coussins sous les coudes des pécheurs et chercher des couvertures à leurs passions. » Les maisons d'éducation des Jésuites et des Jansénistes se faisaient concurrence.

Leur controverse remplit tout le siècle et déborda sur le suivant. Biaise Pascal y jeta ses lettres « à un Provincial ». Il y soutint que la doctrine des jansénistes concordait bien avec celle de saint Augustin ; surtout, il s'attaqua avec une puissante et, quelqiiefois, foudroyante éloquence à la morale des Jésuites.

Le confesseur du roi, qui était de leur ordre, obtint que les Provinciales fussent envoyées à un conseil de théologiens ; le Parlement d'.Aix fit brûler le livre par le bourreau.

Quand on reprochait à Pascal sa véhémence, il répondait que, s'il avait à refaire les Provinciales, il les ferait « plus fortes ».

Ces sortes de disputes ont été toujours

tenues pour fâcheuses à Rome. Le pape Innocent X condamna «les quatre propositions » de Jansénius comme n'étant pas dans saint Augustin. Le pape Innocent XI réprouva les Mièses de casuistique des Jésuites.

Finalement, les Jésuitesl'emportèrent.

Ils obtinrent de Clément XI la bulle Unigenitus contre le livre du janséniste Quesnel, ancien père de l'Oratoire (Réflexions morales sur le Nouveau Testament) , puis, du roi, la suppression de Port- Royal.

L'église et la maison furent démolies; il n'en resta pas pierre sur pierre, et les cadav'res du cimetière furent jetés aux vents. La charrue passa sur cette terre nourricière des plus hautes vertus.

« Le désert » n'en est devenu qu'un plus auguste lieu de pèlerinage. L'une des pensées les plus nobles de l'himianité y flotte encore.

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