‹ Francia; histoire illustrée de la FranceChapitre 218 sur 725 · Hfxi.fcY. fonds de l'abiiayc de Saint-Germain des Très · texte numérisé non relu

Hfxi.fcY. fonds de l'abiiayc de Saint-Germain des Très

ITl

r()A'.V/:/LL7:. — W/Io SIÈCLF.

Jacques, Pascal dén»ontra,à vingt-cinq ans, la pesanteur de Tair, déjà pressentie par Torricelli et par Descartes. L'on attribuait autrefois à « l'horreur du vide » que devait éprouver la natirre, le phénomène qui, à mesure que le tube est porté plus haut, fait baisser la colonne de mercure et qui la fait monter à înesure que le tube est descendu.

Les déductions morales qui se peuvent tirer d'une telle découverte ne semblent guère moins considérables que les conséquences physiques quelle comporte.

Mais Pascal n'est pas Descartes qui se contente de laisser le doute méthodique à part de Dieu et de la religion.

Cette âme brûlante a soif de certitude, comme elle a faim de justice. Elle a demandé la certitude à la raison qui ne la lui a pas donnée ; et elle la demande à la foi qui ne la lui donne pas d'une façon durable. Tantôt Pascal mêle l'une à l'autre, jusqu'à appliquer le calcul des probabilités au problème de l'existence de Dieu : « II y a ici une infinité de vie infiniment heureuse à gagner, un hasard de gain contre un nombre fini de hasards de perte, et ce que vous jouez est fini, t — On a chiffré mathématiquement ce pari prodigieux : oo (signe de l'infini) contre n (un nombre quelconque de chances). — Tantôt, après im sermon à Port-Royal, il est comme illuminé par un feu surnaturel et il n'a plus besoin de preuves : « Joie, joie, joie, pleurs de joie »...

Puis l'angoisse reprend. Il croit et, dans le même instant qu'il le crie trop haut, il lâche des paroles «où perce le doute » *. Le côté sauvage de la vérité, il ne veut pas le regarder.

La mort le prit, après d'affreuses souffrances, le cœur baigné de grâce.

L'extraordinaire intensité de sa vie intérieure se révèle dans son style dense, précis, tragique.

Voltaire, qui goûte peu Pascal, convient pourtant que toutes les sortes d'éloquence sont renfermées dans les Provinciales. Le mépris de la rhétorique le fait l'égal de Démosthène. Il écrit avec des mots si sûrs et si justes qu'une page de lui a gardé après trois siècles la même fraîcheur et le même éclat que ces tableaux des premiers grauids maîtres italiens et flamands, peints avec des couleurs insensibles au temps.

Son ascétisme janséniste s'allie à une poésie grandiose qui est tour à tour biblique, évangélique, scientifique : «Jésus

Page 1