‹ Francia; histoire illustrée de la FranceChapitre 220 sur 725 · XVII'' SIÈCLE. — RACINE · texte numérisé non relu

XVII'' SIÈCLE. — RACINE

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geoisant, ce petit juge de Rouen, chrétien pratiquant et républicain à son insu, volontiers disputeur et, comme les hommes de son temps, du temps de Richelieu, épris de la politique et n'en connaissant guère moins bien les ressorts que Retz lui-même, n'est point le poète de l'amour, qui ne lui paraît qu'une faiblesse, mais celui du devoir, de la vertu (au sens latin), de la gloire.

La plus considérable partie de son théâtre est une illustration de l'histoire de Rome, l'une des plus riches qui soient en grandes pensées et en grandes actions. Ses héros sont des héros, des « grandes âmes », dont la volonté est la qualité maîtresse et qui, en conséquence, sacrifient l'intérêt et la passion aux idées hautes, patrie, foi religieuse, honneur.

Ses héroïnes, criminelles ou pures, Camille et Cléopâtre comme Chimène et Pauline, sont viriles. Ils et elles s'élèvent au-dessus de l'humanité. Leurs dialogues sont des cliquetis d'épée, leur lyrisme «des appels d'énergie » i, leurs préceptes du bronze étemel :

Faites votre devoir et laissez faire aux dieux.

... Aux âmes bien nées La v'ale\ir n'attend pas le nombre des années. Que voulez-vous qu'il fit contre trois? — Qu'il

mourût !

Il n'y a, sur tousles théâtresdu monde, qu'un seul sublime : le sublime cornélien.

Son vers est dru, son action dramatique un étau. 11 excella une fois dans la comédie (le Menteur).

Malgré que ses pièces du temps de Louis XIV renferment encore des beautés, Corneille s'y survivait ; ce que l'on peut dire de plus sévère du règne, c'est qu'il perdit le sens de Corneille. Il ne le retrouva qu'à l'heure des grands revers.

Racine -. — Racine, l'opposé de Corneille, poète de la volonté et du devoir, est le poète de l'amour. Sauf dans ses deux tragédies bibliques, Esther et AOialie, l'intérêt de son théâtre, c'est la passion.

Comme CorneiUe, il emprunte- ses sujets à l'histoire, mais l'histoire ne l'intéresse que par le contre-coup des événements qui bouleversent les empires sur les sentiçients qui agitent les c«>urs. Elle n'est plus qu'un cadre. Corneille, élevé à l'école des Jésuites, affirme la liberté de l'homme ; Racine, janséniste, imbu du dogme du péché originel, a mis son espoir dans la grâce. Phèdre, briilant

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