‹ Francia; histoire illustrée de la FranceChapitre 227 sur 725 · STYLE LOUIS XIV · texte numérisé non relu

STYLE LOUIS XIV

tions, Politique tirée de l'Ecriture sainte, pas cardinal, et l'on a vu que Louis XIV Elévations sur les mystères, Lettres à une avait résolu du premier jour de n'avoir demoiselle de Metz, autant de batailles jamais de prêtre dans son conseil.

L' em preinte royale. — Lart, au

pour la défense d'une foi qu'aucun doute n'a jamais effleurée.

Il a étudié, il connaît toutes les objections des savants, des philosophes, de la redoutable exégèse protestante d'un Richard Simon ou d'un Jurieu : rien ne l'a ébranlé, pas même l'audace de ses propres révoltes au spectacle des misères qui crient contre le règne du roi institué par Dieu lui-même. C'est Bossuet , ce n'est pas Jean-Jacques Rousseau qui dit que, « ce droit si naturel que leshommes ont de prendre dans la masse com-

xvii<ï siècle, a parcouru mie évolution pareille à celle de la littérature. Il s'est inspiré au xvi^ de la Renaissance italienne , mais a gardé son originalité. Il se simplifie sous Henri IV et sous Louis XIII.

Puis Louis XIV le marque de sa grave et solennelle empreinte.

Il y aura désormais un art officiel, <• dans la manière grecque et dans le goût romain », écrira !Molière '. Mazarin et Colbert ont fondé, en eSet, des académies d'architecture, de sculpture et de peinture

Le roi, monté sur un vigoureux cheval de ^erre, est cos mune tout ce qui tumé en empereur romain, tout en consen-ant )a perruque, qui cherchent bien

leur est nécessaire, r^f^^e au Louvre.j ^^^^^ modèles dans les pauvres ne l'ont pas tout à fait perdu ». l'antiquité, mais qui les cherchent sur- Mais la discipline a vite fait de le reprendre tout dans la Rome impériale, si diâetout entier et de l'arracher à l'angoisse rente de l'Athènes républicaine. C'est le de ses « opinions particulières », non pas style académique sur la foi, mais sur la société et sur l'Etat. Toutefois il y Plus elles lui pa

raissent impénétrables, plus il s'incline devant les vues de la Providence dont la majestueuse idée domine toute sa philosophie.

Il avait pris pour épigraphe de sa thèse de théologie : <i Craignez Dieu, honorez le roi. » La pensée orthodoxe n'a pas eu de maître plus sûr de lui-même.

( //'.'ei Je l'ÙU de Lyon.)

autre chose encore dans « ce style Louis XIV » que le goût du roi (donc de la cour et de l'époque) impose également à l'architecture, à lapeinture et à la sculpture décorative, au dessin des jardins, aux ameublements, aux costumes, aux orfèvreries, aux carrosses, à la récitation, à la danse; et c'est le reflet d'une société où la politesse et l'élé-

Il parle quelque

part de * cet incurable ennui qui fait le gance aristocratique ont atteint leur

fond de la vie des hommes depuis qu'ils perfection.

ont perdu le goût de Dieu » ; il ne l'a La même noblesse et la même correc-

jamais égaré. tion que l'homme du monde observe dans

Défenseur des libertés gallicanes, et ennemi déclaré des casuistes, il ne fut l. La e.\oire du d6me du Val-de-Gràce.

ift

]' t RSAI LLES. — 1661-T6S2.

tous ses dehors et le roi, donnant l'exemple Louis XIV pour la création qui fut la

jusque dans sa façon de jouer au billard, joie de sa vie : \ersailles.

les artistes et les artisans les pourbunent Versailles. — La ville de Versailles

comme les écrivains, dans leurs œuvres. Ce cadre étroit et régulier exclut le désordre, la fantaisie, les caprices de l'imagination. Il n'y a pas plus de place pour l'aisance dans ce monde toujours en représentation que pour la liberté dans le gouvernement d'un prince qui est à lui seul lEtat.

Pareillement, l'art manque de liberté et d'aisance, et la symétrie en est la règle impérieuse, comme l'ordre l'est de la cour et de la société. Cependant ce siècle, avec tous ses défauts, est grand : avec ses défauts, cet art est grand.

Quelques rares artistes qui, s'échappant de l'école, retournent à la nature, sont

n'était, sous Louis XIII, qu'un hameau dans les bois, a\ec un pavillon de chasse sur une butte. Louis XIV respecta le manoir paternel, avec sa façade en briques ; le corps de logis qui fait, entre les deux grandes ailes, le centre du « Château ro\ al »

représente à peu près remplacement du castel de Louis XIII.

Mansart acheva en 1682, en collaboration étroite avec Louis XIV, le château que Le Vau avait commencé en 1661. La décoration intérieure fut confiée aux meilleurs artistes et les matériaux les plus précieux y furent employés. Les jardins furent dessinés par Le Nôtre, « architecte du roi »,

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