I. F»GUET
son monumental Dictionnaire historiqtu; et critique, arsenal du scepticisme universel. C'est de Bayle que Diderot dira : « Nous avons eu des contemporains dès le règne de Louis XIV. »
Bossuet. — Il n'y a pas eu d'éloquence politique au xvii« siècle. Bot,sLErii627-i7o^). L'éloquence du barreati (D'après le portrait traîna dans la rhétorique ^^ Rigaud.) (Patru, Autonin le Maître). Jamais l'éloquence de la chaire, depuis les Pères. de l'Eglise, ne s'éleva plus haut qu'avec Bourdaloue ^, hardi et clair, l'élégant et ingénieux Fléchier 3, l'harmonieux MassiUon », et Bossuet ^.
■Evêque de Condom, puis de Meaux, et précepteur du grand dauphin, Bossuet avait débuté avec la prédication à Metz, puis à Paris. Comme il n'a jamais appris par cœur ses sermons, comme il ne les a pas recueillis lui-même et- comme il a publié seulement six de ses oraisons funèbres ^, il faut bien répéter devant ce qui nous en est parvenu, le mot célèbre : « Ah ! si nous avions entendu le monstre lui-même ! o C'en est assez pour reconnaître une éloquence qui ji'a été surpassée que par les anciens.
Dialectique pressante et volontiers impérieuse, forme tantôt magnifique, tantôt simple, absolue propriété et probité du verbe, éclairs qui jaillissent du choc des dissertations et des apostrophes, force et mouvement d'une pensée fougueuse, mais qui reste toujours maîtresse d'elle-même ; sensibilité refoulée, mais qui s'épanche quelquefois avec des pleurs ; brusques échappées vers l'art pur, mais qu'arrête aussitôt l'âpre volonté de rester théologien ; bon sens souverain, clarté souveraine : c'est la plus grande œuvre oratoire des temps modernes.
Qu'il écrive ou qu'il parle, il est toujours orateur, mais qu'il parle ou qu'il écrive, il est toujours homme d'action ; lui aussi, il a son « grand dessein » : la réunion des Eglises, et il n'y a pas une ligne dans ses cinquante volumes qui ne soit d'un combattant. Discours sur Vhistoire universelle, Histoire des varia-
2. Sermons sur \di Médisance, ^nv la Crainte et la pensée de la mort.