‹ Francia; histoire illustrée de la FranceChapitre 237 sur 725 · I. Mirabeau · texte numérisé non relu

I. Mirabeau

conquête du duché de Slesvig compensera la perte des provinces scaniennes sous le règne précédent.

Suède. — La Suède, sous Gustave- Adolphe, héros de la Réforme pendant la guerre de Trente ans, a dominé le nord de l'Allemagne. Elle a continué à faire figure de grande puissance, sous sa fille Christine et le chancelier Oxenstiem. Le traité de Westphalie lui laissa la plus belle partie du littoral poméranien ; elle occupait la Livonie et l'Esthonie.

Mais déjà apparaissent des symptômes de décadence ; Mazarin écrit à Cromvvell : « La balance penche du côté de la chute.' » Par deux fois, la France sauvera la Suède, son alliée fidèle, sous Charles X et sous Charles XL Cependant l'électeur de Brandebourg s'était emparé d'une partie de la Poméranie ; la Moscovie, dont Gustave- Adolphe avait naguère projeté l'union personnelle avec la Suède, grandissait et se rapprochait.

L'épopée russo-polonaise de Charles XII, qui entreprit de recommencer Gustave-Adolphe et se croyait Alexandre, précipitera la ruine delà puissance Scandinave ; elle va y perdre ses possessions allemandes (Brème, Stettin), le Sleswig, la Livonie, l'Esthonie, le sud de la Finlande (1719-1721) et, glissant de la défaite à l'anarchie, laisser sans espoir de revanche la maîtrise du Nord à la Russie et à la Prusse.

Pologne. — La décadence de la Pologne, rongée par l'anarchie politique et par l'intolérance religieuse, avait précédé celle de la Suède.

Sans le secours de la France, elle eût succombé, dès le xvii*' siècle, aux assauts de ses voisins : Suédois, Prussiens, Saxons, Russes.

Depuis l'extinction des Jagellons, elle cherchait la plupart de ses rois à l'étranger (Henri de Valois, le transylvain Etienne Batory, le suédois Sigismond Wasa). En 1696, la couronne fut disputée devant la Diète entre Louis de Conti et Frédéric-Auguste de Saxe, qui l'emporta.

Détrôné par Charles XII au profit de Stanislas Leszczynski,le Saxon fut rétabli par les Russes.

Désormais la République, comme on appelait la monarchie élective de Pologne, glisse aux partages. Les grandes familles aristocratiques, qui mènent les partis, se réclament tantôt du tsar des Russies, tantôt du roi de Prusse.

Russie. — Suédois, Polonais et Prussiens ont appelé la Russie en Europe ; la Turquie en décadence lui ouvrit la mer Noire.

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