‹ Francia; histoire illustrée de la FranceChapitre 240 sur 725 · Saint Si.MON · texte numérisé non relu

Saint Si.MON

prodigalités de Louis XIV atteignait près de trois milliards et demi, soit plus de lo milliards de notre temps. Le trésor était vide. L'impôt, pour une grande part, était absorbé d'avance par des anticipations. L'argent se cachait ; l'industrie était mourante.

L'honnête Saint-Simon lui-même conseilla la banqueroute. Le duc de Noailles procéda à une refonte des monnaies qui ramenait à Philippe le Bel. Il chercha ensuite, par le moyen d'une Chambre de justice, à faire rendre gorge aux fournisseurs et aux traitants, les « nouveaux riches » d'alors.

La Chambre condamna plus de 4 ooo particuliers à restituer plus de 200 millions de livres. Mais il ne rentra que la moitié, au milieu d'une débauche de dénonciations et de scandales. On ne pendit que de petits voleurs ; les gros échappaient.

L'opinion se cabra. Il fallut supprimer la Chambre de justice (171 7). « La corruption s'était tellement répandue, dit l'édit, que presque toutes les conditions en avaient été infectées, en sorte qu'on ne pouvait em-ploj'er les plus justes sévérités pour punir un si grand nombre de coupables, sans causer une interruption dangereuse dans lé conunerce et un espèce d'ébranlement général dans le corps de l'Etat. »

Après une série de banqueroutes partielles, Noailles, découragé, s'en alla. Law. — C'est à ce moment qu'un hardi et séduisant étranger, qui n'avait pas été écouté dans son pays, John Law, â.ls d'un banquier d'Edimbourg, offrit au régent « le système ».

« Le gros de la nation, dit Voltaire, était d'une ignorance si profonde qu'il n'y avait guère de ministre ni de juge qui sût ce que c'était que des actions, des primes, le change, un dividende. »

Ecossais et protestant, Law se trouvait, comme tel, exclu des fonctions publiques, mais il accepta de tout conduire sans titre et sans rang. Plus tard, naturalisé et converti, et, parce qu'il avait réussi, élu d'acclamatitm à l'Académie, il fut nommé contrôleur général, tout juste à la veille de son effondrement. Le système. — Law partait de cette idée que l'abondance du numéraire est la grande source de la prospérité publique, mais que le numéraire n'a pas besoin d'être des métaux précieux, dont la production est lente et dont la rareté crée la tyrannie et l'usure.

Il compare justement à la monnaie dans l'Etat ce que le sang est dans le

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/,/•: SYSTÈME DE LAVW

corps hmiiaiii, et il fait de la banque l'orgaiie de la circulation des richesses, comme le cœur l'est de la circulation du sang.

«Ceux, dit-il, qui veulent amasser l'argent et le retenir sont comme des parties ou extrémités du coips humain, qui voudraient arrêter au passage le sang qui les arrose et les nourrit ; elles détruiraient bientôt le principe de vie dans le

des billets de crédit pour une valeur triple ou quadruple. Réservant les espèces métalliques pour les petits payements, elle emploiera poiu- les grands le papiermonnaie, le billet de banque.

En outre, la banque réunira à l'exploitation du conmierce et de l'industrie centralisés à son profit, l'administration des deniers publics, perception d'impôts et émissions d'emprunts.

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