‹ Francia; histoire illustrée de la FranceChapitre 248 sur 725 · iS · texte numérisé non relu

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trésor abondant et une année toujours préto et qui allait bientôt s'égaler dans l,i ffrande guérie aux plus illustres capitaijies.

<■ Nous n'avons qu'une chose à faire, dit d'abord Louis XV, c'est de rester sur le mont Pagnote ■> (celui d'où l'on assiste aux batailles sans y prendre part). Sur quoi le marquis de Souvré : « Votre Majesté y aura froid, car ses ancêtres ny ont pas iiâti. •>

L'alliance prussienne. — Le mot de Louis X\' était trivial, mais c'était la bonne politique ; Fleury s'efforça de la faire prévaloir pour le respect dû au traité de 1740 et, aussi, parce que s'associer à l'ambition de Frédéric, c'était agrandir une puissance nouvelle qui, nécessairement, dérangerait l'équilibre de l'Europe.

Mais, encore une fois, les anti-autrichiens eurent le dessus.

C'était une singulière association où voisinaient la maîtresse en titre (Mme de Nesle), qui rêvait de gloire pour le roi et détestait « le vieux prêtre » ; le cardinal de Tencin, avec les ultramontains qui tenaient pour l'Espagne ; d'Argenson, Maurepas, ces traditionnels qui avaient fait d'une formule usée l'objet d'un faux

point d'honneur ; les pliilosophes, avec Voltaire, qui raffolaient du « roi philosophe » ; et, avec BeUe-Isle, brillant et étourdi petit-fils de Fouquet, les jeunes nobles désœuvrés, « se mêlant de tout, précisément parce qu'ils n'avaient rien à faire, , ,

et l'esprit d'autant plus ''"'''!^;™^^^''''prompt à la critique, jj,.,,,,,; '^^^ ^^-^^^^^ qu il était plus léger de du xvme siècle.' réflexion et plus vide de ^'"^" ''' '''•■■""'i'"connaissance ' ».

Déjà Frédéric était entré en Silésie, où sa victoire de Molvitz fut la pierre angulaire de la grandeur prussienne ; au printemps (mai 1741), il était à Breslau, où il traita en juin avec Belle-lsle.

Traité de Breslau. — Les conditions principales du traité d'alliance étaient que la France garantissait à la Prusse la Basse-Silésie avec Breslau ; que trois grandes armées françaises se joindraient à Frédéric contre la reine de Hongrie,

I, Duc DE Broglie.

Carte des acqi-isitions territoriales de la prusse ue 1618 a 17

ET FOR.MATIO.N DE lÉtAT PRUSSIEN

i;45- — FONTEXOY.

et que Frédéric, à la Diète, doauerait sa voix à l'électeur de Bavière, candidat à l'Empire contre le mari de la reine, François de Lorraine.

On eût compris que la France profitât de la rivalité de Marie-Thérèse et de Frédéric soit pour faire rectifier par l'Autriche et rapprocher du Rhin sa frontière du Nord-Est, soit pour former, contre l'Autriche, une ligue ou confédération italienne, — ce qui était l'idée de d'Argenson, — « comme il y en a une germanique, une batavique et une helvétique ».

Or, la guerre fut à la fois injuste, impolitique et désintéressée. Quand Louis XV s'allie à Frédéric, ce n'est point pour gagner à la France la Belgique, qui ne tient plus à l'Autriche que par un fil ; c'est pour assurer la Silésie à la Prusse.

Louis XV prétend agir, « non pas en marchand, mais en roi ». Il lui suffit que l'électeur de Bavière soit empereur d'Allemagne. Fleury et le maréchal de NoaiUes l'avertissent en vain : « Défiezvous des Etats dont la fortune n'est pas faite ! »

Le grand profiteur de la guerre de la succession d'Autriche, ce sera Frédéric, comme l'avait prévu Fleury. L'expression populaire : <• Travailler pour le roi de Prusse », date d'alors.

Première défection de Frédéric. — Cette insigne duperie ne tarda pas beaucoup à recevoir un premier châtiment qui, par malheur, ne sufl&t pas à empêcher les récidives.

Le roi de Prusse prc .fe-sait un parfait mépris pour les traités qu'il qualifiait déjà de « cliilïons de papier » et ne se souciait que de sa propre fortune. L'armée de Belle- Isle fut à peine entrée en Bohême, où Chevert prit Prague d'escalade, que Frédéric passa avec Marie- Thérèse une convention secrète pour la cession de la Silésie. Après vme courte reprise d'hostilités, la paix de Breslau lui confirma sa conquête (1742).

Retraite de Prague. — Ainsi lâchée, la l'rance demeura seule engagée en Allemagne, sans autre objet que de soutenir l'électeur de Bavière qui avait été élu empereur sous le nom de Charles VIL

Il fallut évacuer la Bohême. La retraite fut très bien conduite par Belle- Isle, à travers les neiges et les glaces ; Chevert, resté à Prague, y résista jusqu'à son dernier morceau de pain et ne consentit à y laisser rentrer les Autrichiens qu'à la condition d'en sortir avec tous les honneurs de la guerre (i743)-

Mort de Fleury. — Fleury, dès qu'il connut la défection de Frédéric, tenta un

dernier effort pour arrêter la guerre autrichienne et empêcher la guerre générale.

Mais Marie-Thérèse avait maintenant à ■ cœur de se venger : rassurée par la trahison prussienne et excitée sous main par l'Angleterre, elle livra à la publicité l'humble lettre que le maréchal Kœnigswegg avait reçue du cardinal.

Le vieillard désavoua la lettre ; son démenti ne trompa persorme.

Il mourut peu après, à près de quatrevingt-dix ans, désespéré, discrédité et pauvre.

Louis X\', après la mort de Fleury, déclara qu'il allait gouverner par luimême. Quelques-uns des ministres, les deux frères d'Argenson, l'un à la Guerre, l'autre aux Affaires étrangères, le chancelier d'Aguesseau. étaient des hommes de valeur ; mais le roi écoutait plus volontiers le cardinal de Tencin, qui n"a%'ait de son protecteur Dubois que les vices, et le duc de Richelieu, le plus brillant et le plus frivole des courtisans. Bientôt (l'année même de Fontenoy), va commencer le règne de Mme de Pompadour.

Deuxième défection de Frédéric. — La guerre dura pendant cinq autres années.

La France en supporta le plus souvent tout le poids, tant étaient grandes l'incapacité de l'électeur bavarois (Charles \'II), que Louis XV avait fait empereur, et la déloyauté du roi de Piusse, qui avait déclenché l'immense conflit, en était sorti une première fois et n'y allait rentrer que pour une autre défection.

La reine de Hongrie, qui ne pouvait se consoler de la perte de la Silésie et qui voulait la couronne impériale pour son mari, conclut avec l'Angleterre, la Sardaigne et la Saxe le traité de Worms.

Elle se proposait d'enlever l'Empire à Charles VII, la Silésie à Frédéric et l'Alsace et la Lorraine à Louis XV ; les Anglais auraient leur satisfaction aux colonies (Louisiane et Canada).

Frédéric, ayant traité à Francfort avec la France et la Suède, rentra alors dans la guerre, mais il n'eut pas plutôt battu les Autrichiens et les Saxons qu'il fit de nouveau une paix séparée avec Marie-Thérèse et reconnut François de Lorraine comme empereur. Charles \'II étant mort, son fils Maximilien-Joseph trahit à son tour, abandonnant l'empire pour ravoir la Bavière. Finalement la Russie se joignit à la coalition et la France se trouva de nouveau seule avec l'Espagne.

Fontenoy. — Les défaillances et les déceptions de l'absurde politique furent rachetées par les armées qui firent face sur

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tous les thiàtres de la guerre, Italie, Alsace et Flandres. ,

Maurice de Saxe, fils naturel de l'électeur Auguste II et d'une Suédoise (Aurore de Kœnig:smarck), passé à vingt-quatre ans au service français, se révéla le premier des généraux de son temps après Frédéric. On lit toujours avec profit ses Rêveries ou Mémoires sur Vart de la guerre. Il eut surtout affaire aux Anglo-Hollandais qu'il

t^A I X D'Aï X- LA-CHAPELL E. — 1748.

Edouard en Ecosse qui se termina par la défaite de Custodeu, mais qui retint les troupes anglaises pendant toute une campagne loin des Flandres, et les heureuses négociations de d'Argenson qui détacha la Saxe de la coalition, safuvcrent la l'rance des pires conséquences de sa politique.

Uaus le même temps, Dupleix engageait aux Indes une lutte héroïque contre les Anglais. Il les arrêta devant Pondi-

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