‹ Francia; histoire illustrée de la FranceChapitre 250 sur 725 · LE DÉCLI\ DE LA ROYAUTE · texte numérisé non relu

LE DÉCLI\ DE LA ROYAUTE

CIîTBinédiocrépaixne fut qu'une trêve, font preuve d'un' peu de couiage, — tels Pendant que la pensée capétienne Machault pour avoir voulu soumettre à d'étendre la France au Rhin est devenue l'impôt du vingtième les 250 millions de

étrangère à Louis XV, l'Angleterre a formé le dessein d'asseoir un vaste empire colonial, en Amérique et aux Indes, sur les ruines des possessions françaises et espagnoles.

Le contraste est grand entre le gouvemenient britannique d'alors et le nôtre.

revenus du clergé ; Orry pour avoir refusé sa signature à des marchés des frères Paris. Enfin la politique du royaume est conduite à découvert par la maîtresse en titre, depuis 1745 par Jeanne- Antoinette Poisson, fille et femme de « vivriers » -, promue marquise de Pompadour.

« Espèce de seconde reine », dit le

La politique anglaise. — De l'autre prince de Ligne. EUe nomme et révoque côté de la Manche, la liberté est garantie les ministres, décide des alliances, dépense par la pratique loyale du régime parle- sans compter (12 millions rien que pour ment'aire ; l'unité du royaume a été ses bâtisses), trafique des emplois. Si elle préparée par l'union législative de trouve grâce auprès des artistes, qu'elle l'Ano^leterre, de l'Ecosse et de l'Irlande; emploie, et desphilosophes, qu'elle al'habi les partis politiques, libéraux ('chigs) et leté de protéger,elle est également détesconservateurs (tories), qui se succèdent tée des nobles pour la bassesse de son exau pouvoir, y portent des hommes d'Etat traction, — elle est la première maîtresse du plus beau génie ou du mérite le plus roturière, — et du peuple pour l'insolence éprouvé ; et ces politiques de haut style, de son luxe qui provoque des manifesta-

si divers qu'ils soient, pourtant tous tions violentes au passage des carrosses

réalistes sans préjugés de doctrine, de la cour. Cependant elle se maintient guidés seulement dans le choix des vingt ans, jusqu'à sa mort, où elle sera si alliances par des considérations utili- honteusement remplacée qu'on la regrettaires, — Walpole, Stanhope, Boling- tera.

broke, William Pitt, sont passionnément Inde et Canada. — Les Anglais, en si

dévoués à la même entreprise qui est de gnantlapaix d'Aix-la-Chapelle, n'avaient fonder « une nouvelle et plus grande voulu, de l'aveu de leur ambassadeur à Bretagne» et, ainsi, d'accroître la puis- Vienne (Robinson), que se donner le sance du commerce et la richesse de la temps de négocier avec la Prusse et la " chère vieille patrie ». Sardaigne, les deux nouveaux royaimies

Gouvernement de Louis XV. — En aux dents longues, « une alliance formi- France, au contraire, la liberté n'est dable contre la France ». De fait, la guerre encore qu'un paradoxe au programme ne cessa ni en Amérique ni en Asie, des philosophes ; les Parlements sont Au Canada, il y avait à peine

exilés à la moindre velléité d'indépen- 60 000 Français, depuis les bords du dance ; les titres de la monarchie s'ou- Saint- Laurent et la région des grands blient parmi la corruption et la misère lacs jusqu'à l'embouchure du Mississipi, grandissantes ; le roi, en continuel dépla- pour tenir tout Vliintedand des treize cément de la ' cour, ne vit que pour les colonies anglaises de l'Atlantique, peuplaisirs, chasse, jeu, — « un jeu qui n'a plées à peu près de 2 millions d'hommes ; plus de' bornes », — spectacles, soupers, Dupleix, en Asie, poursuivait avec ses si bien qu'il se fait dire seules ressources la conquête de l'Inde, par un ambassadeur que Dupleix. — Demandons au plus élo-

son genre d'existence ne quent des historiens anglais ce qu'était

Page 1