‹ Francia; histoire illustrée de la FranceChapitre 251 sur 725 · I. Correspondance Marie- Antoinette et · texte numérisé non relu

I. Correspondance Marie- Antoinette et

ce grand homme :

<• Dupleix, dit Macauloy ', fut le premier à voir qu'on pouvait fonder un empire européen sur les ruines de la monarchie mongole. Il avait déjà formé ce plan dans un temps où les plus habiles serviteurs de la compagnie anglaise n'étaient encore occupés qu'à faire des factures et des comptes de cargaison. Il vit très bien que toutes les forces des princes hindous ne seraient pas en état derésistcr à un petit corps de soldats formés à la discipline et dirigés par la tactique.

2. Munitionnaires, fournisseurs des armées. ■>.. Vie de Clive.

lOT

D U PLEl X A U X I NDES.

de rOccidcnt.il vit aussi que les indigènes pouvaient, sous des chefs européens, devenir des troupes que le maréchal de Saxe ou le grand Frédéric eussent été très fiers de commander. Il comprit parfaitement que la manière la plus commode de gouverner l'Inde, c'étiùt de diriger le mouvement et de parler par la bouche de quelque magnifique marionnette portant le beau litre de nabab ou de Nizara. Ce Français, ingénieux et ambitieux, comprit et pratiqua le premier l'art delà guerre et de la politique qui fut. quelques années plus tard, appliqué avec tant de succès par les Anglais. »

Bussi, tantôt combattant, tantôt négociant, et gardant toujours « cet air de den>i-dicu auquel il a dû ses victoires i>, il a refait une armée, rétabli ses affaires en dix-huit mois de luttes continues, et repris « les plus grands domaines en étendue et en valeur qui eussent jamais été possédés par des Européens ». Alors le roi, dans l'abject espoir de désarmer les Anglais, le rappelle, abandonne l'empire qu'il a reçu de lui, l'un des plus vastes et des plus riches du monde, et ne garde aura derrieuFe lui que les comptoirs de la côte (1754).

Il ressort des documents officiels que le rappel de Dupleix fut demandé par le ministère anglais comme la condition première du maintien de la paix. Le ministère de Versailles l'accorda aussitôt, désavouant « comme chimères et visions »

les entreprises commerciales avec Golconde et le Coromandel.

Le nouveau gouverneur, Godeheu, pour le cas où Dupleix aurait résisté à l'invitation de rentrer en France , avait ordre de l'arrêter et de le rembarquer de force 2.

Citons encore

donné au roi une contrée à peu près aussi l'historien anglais de la conquête de vaste que la France, gouverne 30 millions l'Inde par l'Angleterre: « Le misérable d'habitants, en tire 15 millions de revenus gouvernement de Louis XV assassina et s'est fait reconnaître du Mogol, — les directement ou indirectement tous les traitants de la Compagnie l'invitent à Français qui l'avaient servi avec distincs'occuper davantage d'augmenter leurs tion aux Indes. »

dividendes qu'à faire des conquêtes, et le Dupleix, dont les biens avaient été

conseil lui écrit : « Le gouvernement ne confisqués, mourut dans la misère (1763). veut pas que la Compagnie devienne une Attaque brusquée des

puissance politique de l'Inde. ^ » Si la Anglais. — Comme roue oscille, les mêmes gens le condamnent.

Grandeur et disgrâce de Dupleix. — C'est une lamentable histoire. Dupleix a demandé en vain des renforts pour

résister à l'offensive furieuse de Clive et Anglais réclamèrent la à l'insurrection de .Mysore. Dans l'aban- destruction des établisdon où il a été laissé, et sans autre soutien sements français autour

que sa femme, l'hér-oïque princesse t • »• j. . ,.

f ,T /, . ^ 1- i ^ 2. Instructions d octobre

Jeanne (/oaH«a/?egM«), et son lieutenant ^753^ sig„ées du roi et ue^l

contre signées par Rouillé (B„ste inarbnr. Lettre du 5 février 1752. et Marchault. Musée de rtrsaiiles.)

Seulement, Clive William Pitt et tout un peuple de marchands et de marins qui comprendront à mi-mot ses desseins et lui confieront hommes et argent sans compter ; ils le combleront d'honneurs dans le succès et ils ne verront dans les revers inséparables d'une telle entreprise que des motifs à de plus puissants efforts.

Au contraire Dupleix, alors que son renom s'étend déjà de la pointe du Carnate à Delhi, est tenu à Versailles pour un brouillon qui « crée des embarras ». Si la fortune sourit à son dessein, — il a

Page 1