CHEVALIER D'ASSAS
française sous d'Estrées, puis sous Richelieu, occupa Cléves, la Hesse et le Hanovre ; Cumberland, fils du roi d' Angle terre , acculé entre la mer, l'Elbi et le W'eser, capitula à Clostersevern. Les Suédois entrèrent en Poméranie. Les Croates poussèrent jusqu'à Berlin qu'ils prirent. Breslau se
A moi. Auvergne ; v
âien d Haudricourt, Les fastts
na au désastre. . Une
panique emporta toute
l'armée, les Impériaux
entraînant les Français,
moins deux brigades
commandées par le comte de Saint- Germain (5 novembre i757)-
« Savez-vous, dira Napoléon, quelle
a été la cause de la chute des Bourbons?
Elle date de Rossbach. *
La victoire de Frédéric à Rossbach lui rendit la Saxe ; par celle de Leuthen, il reprit toute la Silésie (décembre). Dès lors, il garda l'avantage tant sur les Russes que sur les Autrichiens. Les Anglo- Hanovriens du duc de Brunswick battirent le comte de Clermont à Cre- !J feld; notre armée du Mein poursuivit, sous Contades, le maréchal de Broglie
MH\ALlhR lJ.\bSA.S
li les ennemis. » D iprès Terni t' i'ayiftfi /rari^aise.)
rendit (juin-novembre 1757). et le comte de Saint-Germain, d'inutiles
Frédéric pensa à fausser compagnie et coijteuses opérations. à l'Angleterre, comme autrefois à la D'Assas. — Les soldats, les officiers
France ; il écrivit à Richelieu : « Vous êtes de troupe sauvèrent l'honneur. Le che-
fait pour signer des traités autant que valier d'Assas, du régiment d'Ai'vergne,
pour gagner des batailles. // s'agit d'une envoyé de nuit à la découverte, est pris
bagatelle ; je vous propose la paix. » Le maréchal en référa à Louis XV qui refusa. Frédéric se crut perdu.
Rossbach. — L'incohérence du commandement des alliés le sauva. Les Russes interrompirent leurs opérations.
Les Suédois s'arrêtèrent à l'approche de l'hiver. Au lieu de pousser sur le Brandebourg, le maréchal de Richelieu pilla le Hanovre. Le conseil aulique, à Vienne, chercha une grande victoire et trouva Rossbach.
dans une embuscade ; s'il fait du bruit il est mort. Il crie : « A moi, Auvergne, voilà les ennemis! » et tombe percé de coups.
La perte des colonies. — La guerre d'Allemagne épuisait le royaume en hommes et en argent ; pourtant les frontières restaient intactes. Les désastres furent sur mer et aux colonies.
Les Anglais s'attaquèrent d'abord aux flottes. Depuis la mort de La Galissonnière, nous n'avions pas plus d'ami-
Le prince de Hildburghausen et le raux que de généraux. Les Anglais occu-
maréchal de Soubise, à la tête des milices pèrent l'île d'Aix à l'embouchure de la
impériales, tombées dans l'indiscipline Charente, ravagèrent les côtes depuis
et dans la maraude, et d'un gros d'auxi- Saint-.Malo jusqu'à Toulon, pillèrent
liaires français, s'étaient portés, parl'ordre Cherbourg, coulèrent sur la côte portu-
du conseil aulique, dans la vallée de la gaise et dans les eaux de Quiberon
Saale. Une première attaque de Frédéric 60 vaisseaux de ligne et frégates, prirent
a^'ant été repoussée, Hi'.dburghausen, Belle-Isle.
7759 -1 ■r7'5.?. — PERTE DES INDES ET DU CANADA.
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Lally-ToUendal. — Aux Indes, Lally- Tollendal, avec l'aide de Bussy, le meilleur lieutenant de Dupleix, avait tenté de reprendre ÏMadras. Laissé sans munitions et sans argent, non seulement il échoua devant Madras, mais il ne put empêcher Clive de reprendre Calcutta et Chandernagor. Le Bengale fut perdu à la bataille de Plassey. Lally capitula à Pondichéry. Au printemps de 1763, toute l'Inde était aux Anglais.
Louis XV pensa détourner les colères en faisant poursuivre Lally. Un arrêt inique du Parlement le condamna à mort.
Montcalm. — Le Canada ne fut pas moins misérablement délaissé ; Pitt avait mis tout en œuvre pour assurer à l'Angleterre « ces quelques arpents de neige », comme écrivit Voltaire dans une page qu'on voudrait effacer de l'œuvre du plus intelligent des hommes.
Montcalm, serré à étouffer par les Anglo-Américains de Wolfe, demanda en vain quelques vaisseaux et quelques soldats. Choiseul, ministre des Affaires étrangères, et Belle-Isle, ministre de la Guerre, répondirent que « le roi ne pourrait jamais envoyer des secours proportionnels aux forces des Anglais » ; d'ailleurs, «les efforts qu'il ferait n'auraient d'autre effet que d'exciter les Anglais à en faire de plus considérables» (14 février 175g).
Montcalm n'en poursuivit pas moins la lutte ; Wolfe et lui furent blessés à mort dans la même bataille, à l'anse du Foulon. Les .\nglais y élevèrent un monument avec cette noble inscription : « Leur courage leur a donné même mort ; l'histoire même renommée ; la postérité même tombeau. »
Québec, puis Montréal, tombèrent ; la « Nouvelle- France » avait vécu (1760).
La Guadeloupe, la Martinique succombèrent également, puis Cayenne, le Sénégal et l'île de Gorée.
L'aveu de Bernis. — L'un des auteurs (le la guerre, Bernis, avant de céder la place à Choiseul et de recevoir en échange le chapeau de cardinal, avait tracé ce tableau du royaume :
<i Tout exige que nous sortions du précipice on nous descendons à pas de géants. Nous n'avons plus d'armées, l'autorité languit, le nerf intérieur est entièrement relâché. Les fondements de l'Etat sont ébranlés de toutes parts.
Notre marine est détruite, les Anglais se promènent sur nos côtes et les brûlent. Le commerce maritime, qui faisait entrer 200 millions par an, n'existe plus. Nous sommes réduits au rang des secondes puissances en Europe. »
Attentat de Damiens. — Le roi sentait maintenant la haine de ce peuple qui l'avait si naïvement aimé. Il évitait Paris, le contournait par le Chemin de la Révolte.
Au commencement de 1757 (l'année qui finira par Rossbach), un ancien domestique, Damiens, le frappa dans le dos d'un coup de canif. Interrogé sur le mobile de son crime: «C'est pour la religion. Le peuple périt. Mon principe 1, ce fut la misère qui est aux trois quarts du royaume. » Son supplice fut ati'oce : on lui brûla d'abord la main droite qui avait tenu le couteau, puis il fut tenaillé, enfin écartelé à six chevaux.
Misère du royaume. — La misère, qui avait poussé ce malheureux, s'était terriblement accrue pendant la guerre.
Dans plusieurs provinces, et des plus riches, Touraine, Ile-de-France, « les hommes mangeaient de l'herbe comme des moutons et crevaient comme des mouches » (entretien de l'évêque de Chartres avec le roi, dans les Mémoires d'Argenson). Dans les Flandres et dans les provinces de l'Ouest, « la quantité des pauvres surpassa celle des gens qui pouvaient vivre sans mendier ».
11 y eut des émeutes, en Normandie, en Guyenne, en Dauphiné, en Auvergne.
Ce n'était plus, écrit encore d'Argenson, le sentiment triste de la misère ; c'était le désespoir qui possédait les pauvres habitants. Ils ne souhaitaient que la mort et évitaient de peupler.
Paris <i fourmillait de mendiants » ; de même Lyon, Rouen. Au faubourg Saint- Antoine, en dix jours d'hiver, plus de 800 malheureux moururent de faim et de froid (récit du vicaire de Sainte-Marguerite).
Ouvriers et paysans émigraient en tas. « Le quart du sol resta en friche » ; en Touraine, en Poitou, en Berry, des solitudes de 30 000 arpents -; en Sologne, plus rien qu'un immense marécage. Les femmes n'ayant plus de lait, tous les enfants mouraient.
Le pacte de famille. — Choiseul, devant « l'état affreux » du royaume, se résolut à la paix.
Engagé avec l'Autriche à ne pas traiter sans elle avec la Prusse, il sollicita de l'impératrice de Russie ses bons offices auprès de l'Angleterre (1761). La tsarine demanda pour son concours l'Ukraine qui était à la Pologne. Louis XV s'y étant refusé, Choiseul se retourna vers