LE PARLEMENT MAUPEOU
Louis XV s"était déjà inquiété de la une protestation où il réclama les Etats
diplomatie de Choiseul, la trouvant généraux : « Notre silence nous ferait
trop aventureuse ou trop fière. Un billet accuser par toute la nation de trahison
très sec lui enjoignit de se rendre, dans et de lâcheté. Interrogez, sire, la nation
les vingt-quatre heures, à son château de elle-même, puisqu'il n'y a plus qu'elle
Chauteloup (décembre 1770). qui puisse être écoutée.»
La cour, les philosophes et le peuple Les philosophes soutinrent le Parle-
ment Maupeou par haine de l'ancien ; le public épousa la querelle de Beaumarchais contre le juge Goëzmau. Accusé
de Paris transformèrent l'exil de Choiseul en triomphe.
Le . Pacte de famine ». — Louis XV, amusé par la Du Barn-, la laissa jouer à laMaiuteaon, faire et défaire les ministres. Malgré l'épuisement du Trésor, elle reçut 300000 livres par mois.
Le Pacte de famine est une légende des haines
populaires qui grossissent les choses ; mais Louis XV fut notoirement intéressé dans une société suspecte pour l'achat et la le partage de la Pologne
revente des Figuration symbolique du premier partage (1772!. L.'Impératrice Catherine, Frédéric le Grand et . ' l'Empereur Joseph découpent le royaume, taudis que le malheureux Stanislas cherche à retenir
grams. sa couronne. iD'après une gravure de l'époque, Ckatcogiafkie du Loinrt.)
La Du
Barry ût donner à d'Aiguillon le minis- d'avoir voulu corrompre ce juge, Beaumar-
tère des Affaires étrangères auquel il chdÀsvdiConl3i,dLZ\\sst% M émoiresd consulter,
joignit bientôt la Guerre ; Maupeou garda d'une verve endiablée, qu'iln'avaitobtenu
les Sceaux et Terray les Finances. On les appela les Triumvirs.
Guerre des Parlements. — Les parlementaires du ressort de Paris avaient refusé de se soumettre à l'édit de discipline qui défendait aux magistrats de se dire « un seul et même corps », de correspondre entre eux et de suspendre, pour quelque cause que ce fût, le cours de la justice. Maupeou leur envoya dos lettres de cachet, tit ordonner par le Conseil la confiscation de leurs charges et composa le nouveau Parlement avec des fonctionnaires et des juges à sa dévotion.
L'annonce de deux réformes : l'abolition de la vénalité des charges et la gratuité de la justice ne donna pas le change. Le premier président de la Cour des
Aides, l'intrépide Malesherbes, rédigea Barry-.
audience qu'après vingt-deux démarches inutiles et au prix de cent louis et d'une montre remise à la femme de Goëzman.
Terray, avec quelques idées judicieuses, professait qu'une bannueroulc par siècle était nécessaire pour mettre l'Etat au pair. Ayant cherché à supprimer les « coupes », parts de bénéfices que les fermiers généraux prélevaient sur les recettes de l'impôt pour leurs protecteurs ou bailleurs de fonds, il trouva sur la liste des bénéficiaires le roi, ses filles, la dauphine, Mme du
CATHERl.NE II
(D'après un dessin
w.'ginaX de Lewitzki.