RENVOI DE CHOISEUL
les arsenaux de Brest, Rochefort et Toulon, créa celui de Lorient, substitua l'Etat aux compagnies pour le gouvernement <^es colonies.
Au dehors, après avoir réuni la Lorraine, à la mort de Stanislas (1766), et acheté à la République de Gènes l'île de Corse (1768), il chercha à tirer le plus qu'il pourrait du Pacte de famille et de Talliance autrichienne.
L entente austro-prussienne. — Les Bourbons d'Italie et d'Espagne furent loyaux ; la Hollande et le Portugal s'étant détachés de Talliance anglaise, Choiseul prépara cette union des marines secondaires qui sera plus tard la Ligue des neutres pour la liberté des mers.
Mais déjà, l'Autriche, à son ordinaire, trahissait.
Choiseul attendait du mariage du dauphin * avec l'archiduchesse Marie- Antoinette (1770), un resserrement de l'aUiance ; Marie-Thérèse y vit le moyen d'avoir à Versailles, comme cela est écrit à chaque page de sa correspondance avec l'ambassadeur d'Ameth, une complice à la source des renseignements. Du même coup, elle masquait l'entente que son fils, l'empereur Joseph II, avait ébauchée, l'année d'avant, à Neisse (Silésie), avec Frédéric.
(' Foi de roi et parole d'honnête homme, si jamais le feu de la guerre se rallume entre l'Angleterre et la maison de Bourbon », le roi et l'empereur s'engageaient à maintenir » une neutralité allemande » afin d'établir « un système patriotique allemand ». Tous deux s'abouchèrent ensuite avec la tsarine Catherine, lui donnant carte blanche en Orient contre nos fidèles alliés, les Turcs, et préparant la ruine de la Pologne.
Affaires d Orient. — Le roi de Pologne, Stanislas Poniatowski , était un ancien amant de Catherine, élu sous la pression des années russes. Les catholiques formèrent à Bar la « Confédération de la sainte religion » ; les protestants et les orthodoxes, exclus jusqu'alors de la vie politique, se réclamèrent de la Prusse et de la Russie et poursuivirent la réforme de la constitution.
Choiseul, surpris par les événements, ne put que faire passer aux confédérés, par son agent Dumouriez, des subsides et des fusils ; son ambassadeur Vergennes jeta les Turcs contre les Russes.
Les Turcs n'étaient pas prêts pour la guerre ; leur flotte fut détruite dans
1. Le futur Louis XVI, fils du premier dAupbin (mort m 1765).
les eaux de Chio par une escadre qui, partie de Cronstadt, avait doublé l'Énrepe ; les Russes occupèrent la Molda' ie et la 'Valachie.
Les Parlements. — A la déception de la politique étrangère s'ajoutèrent les difficultés de létenielle crise des finances.
Les contrôleurs généraux (Silhouette, Bertiii, Laverdy), collaborateurs successifs de Choiseul aux finances, furent également impuissants contre l'épouvantable désordre. Rien que pour les rentes perpétuelles, la guerre de Sept ans avait porté la dette à plus de deux milliards de capital.
Le roi et ses maîtresses, qui puisaient dans le Trésor comme dans une caisse à eux. ne pouvaient que s'inquiéter des prétentions du Parlement à contrôler les dépenses. Le roi multiplia les « lits de justice». C'était des séances qu'il présidait et d'où toute discussion était bannie ;. il y dictait ses volontés que ie Parlement était tenu d'enregistrer.
Cette violence n'arrêta point le cours des remontrances. La monarchie fut mise publiquement en cause, comme responsable de l'anarchie fi.nancière et « du déluge d'impôts » qui ravageait les viUes et les campagnes.
Le conflit entre le roi et le Parlement ne porta pas seulement sur les questions fiscales, mais aussi sur la nature et l'étendue des droits de ces corps judiciaires, qui se croyaient politiques, et, notamment, sur leur droit de correspondre entre eux.
La querelle entre le gouverneur de Bretagne, d'Aiguillon, les Etats bretons et le Parlement de Rennes : l'anestation du procureur général La Chalotais, populaire pour avoir requis contre les Jésuites ; l'intervention du Parlement de Pari- et de celui de Rouen qui, par manière de protestation, interrompaientles audiences, firent une grande agitation.
Renvoi de Choiseul. — Choiseul fut accusé près du roi d'exciter les magistrats.
Il avait perdu avec Mme de Pompadour une protectrice fidèle.
Deux de ses collègues, le chancelier Matipcou et le contrôleur général Terray, lièrent partie contre lui avec la nouvelle maîtresse en titre du roi. C'était une fille de mode, Jeanne Bécu, devenue, après une choisfii.
existence de galanteries, ,^.^l^ '^^ comtesse du Barrv. ,»/, c^,-..< /Vrj«iL«.)
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