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LA MUSIQUE

atténués. Les parcs deviennent des jardins à 1 anglaise, avec des arbres vrais, qui ne sont plus des morceaux d'architecture.

Rameau. — Il a fallu la critique musicale contemporaine pour rendre à Rameau sa place après une longue éclipse.

Sa première célébrité lui vint de son Traité de Vharmonie réduite à ses principes naturels. Partant d'un pi'incipe posé par Descartes, il montra que l'harmonie n'est pas une création arbitraire, mais que ses lois, fondées sur la raison, ont la certitude des lois physiques. Les coteries lui barrèrent ensuite la route du théâtre, où il ne débuta que tard, à cinquante ans, mais pour d'éclatants triomphes.

Les hardiesses harmoniques, les modulations neuves et imprévues, la noblesse et l'ampleur de la déclamation mettent ses chefs-d'œuvre {Hippolyte et Aricie,

Castor et Pollux. Dardanus) bien près des plus belles tragédies musicales de Gluck.

De Rameau à Gluck. — Rameau n'eut point de successeurs. De sa mort à l'arrivée de Gluck à Paris, ce fut le règne de l'opéra-comique, genre nouveau, prose mêlée de chant, où excellèrent Grétry et Monsigny, artistes d'une pureté charmante d'inspiration, dont l'idée mélodique s'apparente aux vieux chants populaires de la terre natale.

Christophe-Willibald Gluck * avait plus de soixante ans quand il vint à Paris, protégé par la dauphine Marie-.Antoinette dont il avait été le maître de chant. « Il préférait les muses aux sirènes ^. »

Le public se divisa en deux camps :

partisans de la musique italienne, avec Piccini ; partisans, avec Gluck, d'une musique qui, née en Allemagne, n'en est pas moins classique et française par sa pureté racinienne, la fière simplicité de son émotion, la vérité directe, comme nue, de son style.

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