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CHAPITRE XXIII

LOUIS XVI

Louis XVI et Marie-Antoinette. i; Ministère de Turgot. || La

guerre d'Amérique, || Ministère de Necker. H Les derniers temps

de l'ancien régime. || Convocation des États Généraux.

'lis XVI 15 '•W. .Va/., Es.\

j/^N' a montré l'épui- — ^ sèment du royaume commençant dès les années glorieuses de Louis XIV, puis la misère et le désordre s'ac'cro issant sous Louis XV, le prestige s' abaissant au dehors et, pendant que les (,3,. gouvernements s'en- ■cs.j foncent dans les vieilles routines, la nation à ;iii le progrès des lumières révèle ses droits et qui s'apprête à les réclamer. La Révolution, qui est faite dans les esprits, va donc se faire dans les choses si la Royauté elle-même né se hâte d'accomplir une réforme générale ; la réforme s'accomplira par elle, avec elle ou contre elle.

Un prince d'une intelligence supérieure et d'une extrême force de volonté, reprenant contre les privilégiés la bataille contre les féodaux, s' appuyant sur les Etats généraux comme aufîèfois sur les communes, Louis XI avec les vertus d'Henri IV, eût sans doute opéré la réfonue politique et la réforme sociale. Le roi manqua à la monarchie.

N'eût-il pas manqué, savoir s'il eût pu arrêter ou détourner le mouvement qui, tendant à la réforme du genre humain autant qu'à celle de la France, a fait de la Révolution française une sorte de révolution religieuse ^, débordant sur le monde, c'est une autre question.

Le roi. — Louis XVI, fils du gras dauphin et d'une lourde princesse sa.xonne, était un brave homme, de mœurs pures, simple avec du jugement et des scrupules, morne, assez sensible bien que dur d'apparence, mais faible, irrésolu, « d'une bonne volonté vague et molle » ^, fataliste dans le fond (il fut hanté par le sort de Charles I"), et, ce qu'il y a de pire chez L'Ancien Régime et la

.MARIE-A.NTOl- NETTE .1755-1793).

I D'après Matiame

Viî=rée-Lebfun,

VirsaïUes. )

un roi, qui n'avait pas le goût de son métier, alors que Louis XIV l'avait eu à la passion et que Louis XV luimême le satisfaisait dans ses diplomaties secrètes.

N'ayant plus rien de bourbonien que l'appétit, il combattait l'obésité par des exer cices physiques qui prenaient tout son temps, chassa tous les jours jusqu'au plein des crises tragiques, et faisait le forgeron et le serrurier dans un atelier qu'il avait installé à Versailles.

La reine. — Marie-Antoinette, à l'opposé de son mari, était vive et gaie, éprise de la vie, frivole, avide de fêtes et de mouvement, dédaigneuse de l'étiquette qui lui aurait diminué son plaisir, d'aiUeurs charmante et plutôt bonne. Ses dépenses pour son jeu et la parure de sa splendide beauté blonde dépassèrent celles des maîtresses, sous les règnes précédents.

« N'ayant aucun acquit », au témoignage de Marie-Thérèse, « ni pour le dessin ni pour la musique », elle ne chercha pas à s'instruire, mais ne s'en mêla pas moins aux affaires. Généreuse ou violente, toute impulsion, elle ne se décidait que par affection ou antipathie ; elle eut sa grande part dans la chute de Turgot. Nulle tête plus légère « en cette cour qu'anime la folie ^ ».

Bien qu'elle eiit quitté Vienne à quatorze ans, elle était restée autrichienne de cœur ; son influence fut toute au service de sa mère et de son frère.

Les ennemis de la reine. — Du premier jour, elle a eu des enuemis, et ses amis l'ont desservie.

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