Correspondance avec La Marck, t. II, p
jeunesse », comme il disait lui-même, le rendait suspect aux uns ; l'éclat el l'insolence d'un génie qui « savait tout et prévoyait tout », selon le mot de Mme de Staël, offusquaient les autres. La Fayette, dont il tenta loyalement de se rapprocher, n'eut pas le courage de s'engager avec lui ; le roi consentit seulement à payer les conseils et les services qu'il lui avait fait offrir par son ami le comte de La Marck, ce qui fut soupçonné avant d'être su et, dès lors, épaissit l'atmosphère autour du magnifique et besogneux tribun ; enfin, l'Assemblée vota tout exprès contre lui le décret qui empêchait les députés d'être ministres, sous le prétexte que c'eût été réunir dans leur personne « le pouvoir exécutif au pouvoir législatif ». « Donnez donc, s'étâit-il écrié, l'exclusion demandée à M. de Mirabeau, député des communautés de la sénéchaussée d'Aix. » (7 novembre 1789.)
Les fédérations. — Dans ces mêmes mois d'octobre 1789 à juin 1790 où Mirabeau s'offrait, la nation, jusque dans le dernier village, s'inquiéta de la rupture soudaine de l'épine dorsale qu'avait été la monarchie pendant tant de siècles.
L'Assemblée était « une tête sans bras ».
Il n'y avait plus d'autorité royale.
Le besoin d'une autorité survivait. La France essaya de s'organiser elle-même dans les fédérations.