LA CRISE DE LA ROYAUTÉ
IVAirabeaa. — L'Assemblée faisait des ■'•'^ lois; nos lois les plus justes, les plus généreuses, datent des années 17S9 et 1790; mais, loin de se préoccuper de faire aussi un gouvernement, elle se complut à affaiblir davantage l'instrument exécutif.
Interprétant cette fois à faux le principe de la séparation des pouvoirs, elle ne laissait au roi, sauf le périlleux veto, que les. simulacres de l'autorité et se refusait dans le même temps à tirer un gouvernement de son propre sein, comme si légiférer, même à la perfection, eût suffi à tout.
Mirabeau fut presque le seul dans l'Assemblée — il en était « le lest et la raison ' » — à comprendre qu'il fallait à la Révolution un ministre, sinon elle courrait à de meurtriers périls.
11 eût été, en effet, le Richelieu de la Révolution, tant il avait à la fois le sens du pouvoir et celui de la liberté.
S'il reçrardait les effets de la Révolution <( comme des conquêtes tellement irrévocables qu'aucun bouleversement, même une contre-révolution victorieuse, ne pouvait plus les détruire ^ «^ il eût d'autant plus cherché à la canaliser avant qu'elle ne débordât, comme il a bien fallu le faire après qu'elle eut débordé.
Par malheur, « l'immoralité de sa