‹ Francia; histoire illustrée de la FranceChapitre 330 sur 725 · GO · texte numérisé non relu

GO

C'est la reine qui mène l'affaire, mais avec une extrême légèreté.

Dès l'été de 1790, elle a pensé à provoquer les représentations de l'Autriche et de la Prusse, et elle s'en est expliquée avec Mercy, l'ambassadeur ', et avec Fersen, seigneur suédois qui lui est passionnément dévoué. Louis XVI, à l'automne, écrit lui-même à Bouille ^, qui reçoit un chiffre secret pour correspondre avec la cour, et à Breteuil qu'il invite ' à négocier directement à Berlin et à Vienne, approuvant d'avance << tout ce qu'il fera pour arriver au rétablissement de son autorité légitime et au bonheur de ses peuples ».

« La cause de tous les rois ». — Comme le comte d'Artois, émigré à Turin, a envoyé Calonne à Vienne pour solliciter l'intervention de l'empereur Léopold, qui vient de succéder à Joseph II, la rt-ine écrit à son frère d'attendre que le roi et elle, seuls juges « du moment et des circonstances favo râbles », s'adressent à son amitié (i 791).

La déci sion de fuir fut arrêtée définitivement en février. Et ce n'est plus seulement l'empereur que la reine appelle à l'aide, mais toute l'Europe, les princes allemands et l'Espagne, la Russie et les Etats Scandinaves, enfin l'Angleterre que Bouille suggère de gagner « par la cession de quelques possessions dans l'Inde ou même la totalité ».

« Ce qui se passe en France, écrit la reine à Mercy, est d'un exemple trop dangereux; c'est la cause de tous les rois, et non une simple affaire politique »

(mars- avril i79i)-

En effet, c'est bien la cause de tous les rois ; et la chute de la monarchie, l'avènement de la République, la mort de Louis XVI sur l'échafaud, l'Europe en guerre contre la France, tout l'avenir est en germe dans cette petite phrase.

Mort de Mirabeau. — L'année d'avant,

j. Lettres à Mercy, du i"'' juin 1790, etc.

Page 1