‹ Francia; histoire illustrée de la FranceChapitre 339 sur 725 · I. MlCllEI.KT · texte numérisé non relu

I. MlCllEI.KT

atir

LA JOURNÉE DU jo JUIX. — lygj.

deiniiiii, ceux de la République et ceux de l'Empire.

Pourtant ces fédérés et gardes nationaux ae sont encore qu'une coJnie, l'enthousiasme n'est pas l'organisation, et ce qui reste de l'arnice régulière n'a pas été moins ruiné par l'indiscipline que par l'éniigration.

Les débuts de la guerre. — La guerre, comme tant d'autres de nos guerres, commença par des défaites. Dumouriez, pensant avoir surpris l'ennemi par son offensive politique, voulut prendre l'offensive militaire. Huit jours après la rupture (28 avril), l'armée du Xord reçut l'ordre d'attaquer sur la Belgique, champ de bataille classique, dont il escomptait le soulèvement.

Les deux généraux, Dillon et Biron, qui commandaient en Flandres, ne se furent pas plutôt heurtés aux Autrichiens que leurs troupes, très iuférieui-es en nombre, furent prises de panique. Rochambeau, qui avait conseillé de rester sur la défensive, doiuia sa démission et fut remplacé par La Fayette, pendant que le vieux Liickner reçut le commandement de l'armée du Rhin.

La Triple Alliance. — La Prusse, que Dumouriez avait eu l'illusion d'entraîner oontre l'Autriche, déclara la guerre le i«f mai, dans le même temps où l'armée russe entrait en Pologne.

Assurée d'une facile victoire, la nouvelle Triple Alliance se partagea d'avance les dépouilles (mai-juin). La France payera de l'Alsace et de la Lorraine, qui rentreront dans l'Empire, le rétablissement de l'ordre monarchique ; l'Autriche échangera les Pays-Bas pour la Bavière ; la Prusse aura Juliers, sur le Rhin, et, sur la Vistule, Posen; la Russie le reste de la Pologne et l'Ukraine.

Le commandement de l'armée d'invasion en France (100 oo© Autrichiens, 40 000 Prussiens, 20 000 émigrés) fut donné au duc de Brunswick.

L'Angleterre, l'Espagne, les princes italiens et les puissances Scandinaves gardèrent encore la neutralité. Le pape a excommunié tous les Français qui adhéreraient à la constitution du clergé.

« Le comité autrichien ». — A Paris, la déroute de l'armée du Nord fut attribuée â la trahison, à des manœuvres « du comité autrichien ».

L'existence du fameux comité n'a pas été prouvée et l'on n'a connu que longtemps après, par Mallet du Pan luimême, sa mission à Vienne, pour presser les alliés au nom du roi. Il sollicita d'eux un manifeste qui rendrait les membres de

l'Assomblée «responsables, dans leurs corps et biens, de tous les attentats contre la personne de Louis XVI » et annoncerait « le rétablissement de l'autorité royale légitime ».

Pareillement, on n'a connu que par Fersen la lettre de Marie- Antoinette prévenant l'Autriche que l'offensive se fera « par le pays de Liège > ».

L'Assemblée et Paris n'en eurent pas monis la vision claire qu'ils étaient entre deux ennemis et que l'ennemi du dehors avait pour complice l'ennemi du dedans.

Il fallait passer sur celui-ci pour atteindre celui-là. La même fatalité voulait que le roi et la reine n'eussent d'espoir que dans la défaite française.

Renvoi du ministère girondin. — La Gironde tenta un dernier effort pour sauver la monarchie. Roland, dans une lettre naïve et doctorale, proposa à Louis XVI de se faire franchement le roi de la Révolution. Le roi accepta le licenciement de sa garde, mais se refusa à sanctionner les décrets sur la formation d'un camp de 20 000 hommes et sur la proscription des prêtres insermentés, comme « fauteurs de troubles ». Il renvoya les ministres girondins et les remplaça par des Feuillants, pendant que Dumouriez partait pour l'armée du Nord.

La P'ayette, de son camp de Maubeuge, adressa des remontrances à l'Assemblée. Si généreuse que fût sa pensée, cela parut une démarche à la Cromwell (16 juin).

Le 20 juin. — Le renvoi des ministres patriotes, comme autrefois celui de Necker, fit éclater l'orage. Par ce chaud été de 1792, où tout se dissolvait, où l'ennemi attendait à la frontière le moment le plus favorable « à la promenade de Paris », le peuple prit son affaire en mains.

Le 20 juin, pour l'anniversaire du Jeu de Paume, 10 000 faubouriens, des « patriotes », des femmes de toutes sortes, descendirent vers le jardin des Tuileries où voisinaient l'Assemblée, dans la salle du manège, et le roi au château.

Le maire de Paris, Pétion, et le substitut du procureur de la Commune, Danton, souhaitaient une « journée » et, pour le moins, laissèrent faire, malgré l'avis de Robespierre, adversaire «des insurrections partielles qui ne font qu'énerver la chose publique ».

Le Peuple aux Tuileries. — «Admise »

par r.\ssemblée à « défder » devant elle, ce qui prit trois heures, la foule, conduite par Santerre et le boucher Legendre,

Page 1