‹ Francia; histoire illustrée de la FranceChapitre 340 sur 725 · MANIFESTE DE BRUNSWICK · texte numérisé non relu

MANIFESTE DE BRUNSWICK

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envahit ensuite le château, où il ne lui fut opposé aucune résistance. Elle réclama le retour des ministres et la sanction des décrets.

Beaucoup étaient ivres « du vin frelaté de Paris ' ». Le roi, qui avait reçu les sacrements, les désarma tous par son calme, un sang-froid d'acier, si bousculé et injurié qu'il fût.

Legendre lui lut la pétition, l'invectiva : « Vous êtes un perfide, vous nous avez toujours trompés, vous nous trompez encore. »

Le roi protesta de son respect de la Constitution, exagéra en se coiffant du bonnet rouge, but un verre de vin que lui passa un c patriote ».

La reine ne fut pas moins ferme, avec plus de dignité. L'épithète meurtrière à: Autrichienne, dont elle avait été marquée d'abord par la vieille cour, la brûlait. Elle fit, rien que par cette phrase qu'on applaudit, pleurer une fille qui l'avait interpellée : « Je suis Française, je ne puis être heureuse ou malheureuse qu'en France. »

Pétion, enfin, fit évacuer la foule, qui, déjà, mêlait de nouveau le cri de « Vive le roi ! » à celui de « Vive la nation! » La Patrie en danger. — L'Assemblée, d'abord hésitante, n'osa ni rappeler à la discipline La Fayette qui était accouru de son camp pour protester à la barre, ni suivre les Girondins (Vergniaud, Condorcet) et prendre un pouvoir qui n'était plus nulle part ; elle se donna l'illusion, à l'appel de l'évéque Lamourette ^, de refaire l'union de tous les partis.

Elle se décida enfin (i i juillet) à regarder les réalités en face et, à la veille même de l'invasion, à rendre la tragique déclaration : « Citoyens, la Patrie est en danger. » La proclamation fut faite au son du canon et des cloches ; tout ce qui était valide s'inscrivit sur les registres déposés en plein air devant des estrades.

Le manifeste de Brunswick- — La cour se rendait compte que l'entrée des armées étrangères serait une heure « extrêmement critique », mais espérait encore se sauver par la crainte que la menace «d'une punition exemplaire inspirerait aux factieux' ». La reine l'écrivit vivement à Mercy. Fersen lui annonça la prochaine déclaration de Brunswick au nom des puissances coalisées '.

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