‹ Francia; histoire illustrée de la FranceChapitre 352 sur 725 · LA VENDÉE · texte numérisé non relu

LA VENDÉE

gands ». A l'heure où la République avait à soutenir l'attaque de toute l'Europe, la Vendée lui plantait son couteau dans le dos.

Première Coalition. — Six mois après Valmy et Jemmapes, la France était donc menacée des mêmes périls, sinon de périls plus graves encore, que la veille de ses victoires : le Rhin et la Belgique perdus, l'ennemi sur toutes les frontières, l'Ouest en feu, la coalition scellée entre toutes les grandes puissances continentales et l'Angleterre qui leur versait des subsides. Elle avait à défendre contre l'Europe entière, non seulement sa jeune liberté, mais sa vieille indépendance.

La Russie procéda, dès janvier, avec la Prusse, au deuxième partage de la Pologne. La Prusse s'adjugea un million et demi d'habitants (avec Thorn, Dantzig, Posen) et la Russie 3 millions (avec Vilna et Kief).

Aux conférences d'Anvers (en avril), on décida le dépècement d.e la France, sans se mettre encore d'accord sur le partage de ses dépouilles (Dunkerque, l'Alsace, la Lorraine, l'Artois), mais «de façon à l'affaiblir assez pour l'empêcher de nuire désormais au reste de l'Europe », « à la réduire à un véritable néant politique ». Le cardinal Maury lui-même dira à Rome (selon un récit anglais'): « Ne souffrons pas le partage de la France, celui de la* Pologne est sous nos yeux. Pour conserver notre pays, faisons-nous plutôt Jacobins ».

LA DICTATURE RÉVOLUTIONIVAIRE

♦ Qu'il y ait pour les Etats des crises plus fortes que les remèdes ordinaires dont l'application serait impossible ou dangereuse ; qu'à ces époques fatales, les gouvernements puissent et doivent s'élever au-dessus des lois, frapper, s'il est besoin, ceux qu'elles épargnent, épargner ceux qu'elles frappent, séparer le fait du droit et la justice de ses formes ; en un mot, chercher leurs motifs et leurs règles dans l'intérêt suprême du salut del'Etat.dontalors ils sont uniquement responsables ; c'est ce qu'on ne peut nier, après avoir lu l'histoire et assisté à la plus terrible de ses leçons, à moins qu'on ne prétende d'une manière générale et absolue qu'il est prescrit aux" nations de descendre au tombeau plutôt que de s'écarter, un seul instant, d'aucun de ses principes, d'aucune de ses formes établies dans d'autres temps, et pour un autre but. Les gouvernements ont sans doute abusé de ce droit terrible de négliger les lois quand le salut de l'Etat le commande ; mais on abuserait aussi contre eux, et avec bien plus de péril, de l'impuissance où ils seraient de l'exercer. »

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