‹ Francia; histoire illustrée de la FranceChapitre 360 sur 725 · LA TERREUR · texte numérisé non relu

LA TERREUR

/Charlotte Corday. — La tuerie, le sacri- sur les réquisitions de raccusateur public,

^"-^ fice indispensable de milliers de tètes, Fouquier-Tinville. La sentence de mort

c'avait été, depuis un an, la manie de était immédiatement exécutée. Les con-

Marat. Ce demi-fou passait pour tout damnés étaient transportés en charrette

mener. Une jeune fille de Caen, de la de la Conciergerie, oii ils avaient passé le

famille de Corneille et de la race de ses temps du procès, à la place de la Révo-

héroïnes, vint à Paris pour le tuer. Marat lutioa où la guillotine était dressée en

l'ayant reçue, étant au bain, elle lui pion- permanence. Le commentaire de la loi

gea son couteau jusqu'au manche dans la poitrine (13 juillet 1793).

Le tribunal révolu tiormaire l'envoya à la gtiil- 1 o t i n e sans égard pour sa jeunesse et sa beauté.

Il y a, dans l'interrogatoire de Charlotte Corday, une phrase qui n'explique pas seulement son acte :

des suspects, par Chau mette, énu mère douze catégories :

«Ceux qui ayant toujours les mots de liberté, républiqueet patrie sur les lèvres, fréquentent les ci devant nobles, les prêtres, les modérés....

Ceux qui, n'ayant rien fait contre la liberté, n'ont aussi rien fait pour elle ».

définitions, personne n'é-

MGRT DE :jA?.Ar « Croyez-vous son collègue de la Convention, le peintre David, a représenté Maral avoir tué tous d.ms la baignoire où il fut tué par Cliarlotte Corday. Marat tient encore AveC de telles I Yfornt? ^ '" ™a'" l'article qu'il écrivait pour i' A mi ait PiufU quand il reçut

les. iViarai. l'arrière-pelite-nièce de ComeiUe. ( Musée di Lille )

Celui-là mort,

les mitres auront peur.» cbappait, ni Chaumette, ni Robespierre.

C'est la pensée de Louis XVT, des Mort de la reine. — La reine, purifiée émigrés, de Brunswick : faire peur aux par le malheur et hautaine jusqu'au révolutionnaires. C'est la pensée des sublime, périt l'une des premières. Elle septembriseurs : faire peur aux roya- avait été séparée de ses enfants, enfermée listes. Et, toujours, le calcul est faux, à la Conciergerie dans une salle étroite, Marat mort, voici Robespierre et tous presque une cave. Danton aurait voulu les autres, Couthon, Saint-Just, Hébert, la sauver, obtenir qu'elle fût échangée Barère, Touché, Collot d'Herbois, Lebas, pour Beumonville ^. Le gouvernement de car Robespierre va donner sa formule au Vienne ne fit même pas une démarche, système : « En révolution, le ressort du Exécutions et tueries. — On tua engouvernement populaire est à la fois dans suite Bamave : vingt et un Girondins, la vertu et la terreur » ; mais il n'en est Vergniaud, Guadet, Gensonné, les plus pas l'inventeur, il n'en est que le grand purs patriotes, la fleur de la République, prêtre. dans une seule journée ; le duc d'Or-

Tribnnal révolutionnaire. — Le meurtre lèans ; Mme Roland qui alla au supplice

de Marat déclencha l'abominable machine, vêtue de blanc et s'écria devant la statu ■

Le tribunal révolutionnaire (douze juréset troisjuges) prononçait sans appel, i. Lettres de Mercyà C«bour^,Ferscn,ctc...

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de la Liberté :

« O liberté ! que de crimes oa commet en ton nom ! » Puis ce furent Bailly, Tbomme du Jeu de Paume, Manuel, Lebrun, des généraux : Custine , Luckuer , Biron, Houchard, le vainqueur de Hondschoote, couturé de cinquante-six blessures, péle-méle avec des religieuses, des domestiques, la' \-ieille Du Barry. :

Les exécu -■ tions à Lyon, | Bordeaux, Marseille , Nantes , Strasbourg, Cambrai tournèrent au massacre. La guillotine étant

MARrE-ANTOIN-ETTECOiNrOUITE A LECHAFAl D trop lente, Car-Croquîs f?.it par David, d'une fenêtre de la me Saint-Hnnoré rier nOVait (4 000 nian.em où passait la charrette qui conduisait la Reiue à la guillû- de la guillotine

I 79.^ - juillet 1794).

Ces meurtres continuels fu rent intolérables à Danton. En quoi servaient ils la cause? Ils

éclaboussaient et éreint aient la République.

Comment au raient-ils aidé à la victoire, antérieure aux grandes tueries?

C'était le plan de Carnot, les soldats et leurs chefs qui avaient vaincu à Hondschoote, à Wattignies, à

Wissembourg.

Jourdan, Hoche, Marceau , JKléber n''avaient point gagné leurs batailles par peur

("BM. Aat., Est.j

personnes dans la Loire, embarquées sur des bateaux à soupapes ; le fleuve en iut empoisonné comme au temps des noyades de Guise' après la conjuration d'Am boise). Tallien, Barras, Fréron, Lebon, CoUot, Fouché fusillaient et mitraillaient en tas. Ceux des Girondins q: s'étaient évadés, f u rent, pour la plupart, saisis, exécutés ; Bnzot et Pétion moururent dans les bois, de froid ou de faim; Roland, Condorcet se donnèrent la mort.

Danton contre la Terreur. — .A.insi lancée, la Terreur

alla croissant jus- lrs r;iRos-Di>..s condam.nÉs a ..:,.,

qU a 1 été (décembre Dans une njéme journée, le tribunal révoluiionnaire condamne à mort vingt et un Girondins ; à la lecture de la sentence, ils cntonuèrent/a Marseillaise qu'ils chantèrent I, Voir p. 99. jusque sur l'echafaud.

Danton con . nut-il l'âpre parole de Hoche, Voyant emmener le .général Le Veneur :

« Est-ce donc Pitt et Cobourg qui gouvernent la France, puisqu'on enlève à la République ses plus braves défenseurs? » Deux fois, Couthon a fait jeter Hoche en prison, à la veille et au lendemain de la prise des lignes de Wissembourg.

Le <• Vieux Cordelier ). — Même aux heures de ses fureurs, à l'ordinaire feintes, Danton avait gardé un grand cœur humain. Il venait de se remarier avec une jeune femme, que tant d'horreurs bouleversaient. Luimême, il voyait la Seine rouler du sang.

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