‹ Francia; histoire illustrée de la FranceChapitre 379 sur 725 · A 1795.— CONQUÊTE DE LA HOLLANDE · texte numérisé non relu

A 1795.— CONQUÊTE DE LA HOLLANDE

Autrichiens et Hollandais étaient très découragés. Clairfayt et le duc d'York essayèrent de défendre la Meuse.

Ils s'y firent battre encore par Jourdan et par Pichegru, opérant de concert.

Jourdan, avec Kléber et Marceau, bouscula les Impériaux entre l'Ourthe et la Roer, puis, sur leurs talons, s'empara de Cologne et de Bonn. Kléber mit le siège devant Maestricht qui se rendit, après onze jours de tranchées ouvertes. Pichegru, avec Moreau, après avoir pris Boisle-Duc, franchit la Meuse et rejeta les .\nglo-Bataves sur le Wahal, où ils s'enfermèrent dans Nimègue.

Les Prussiens, se jugeant en l'air, abandonnèrent le Palatinat.

.\ la fin d'octobre, il ne resta aux coalisés sur la rive gauche que Luxembourg et Mayence; nos conquêtes atteignaient partout le Rhin. Au Sud, nous étions sur la grande chaîne des Alpes et nous avions passé celle des Pyrénées, occupant plusieurs places en Biscaye et en Catalogne.

Les soldats de l'an IL — D'autres armées, après de tels succès, eussent pris, à l'ancienne mode, leurs quartiers d'hiver. L'armée de Sambre-et-Meuse et celle du Nord ne firent que souffler, puis, ayant opéré leur jonction sous Pichegru, repartirent de l'avant, par l'hiver le plus rude du siècle et malgré l'insuffisance cruelle de leur équipement.

Des soldats en grand nombre manquaient de souliers, marchaient les pieds enveloppés de linges ou de tresses de paille. Le pain n'arriva pas tous les jours. On bivouaquait sur la terre nue, dans les bois chargés de givre. Mais l'enthousiasme républicain et les plus belles vertus militaires suppléaient à tout.

Ce sont ces soldats de l'an II que le poète ' a chantés dans des strophes dont la splendeur n'est qu'un reflet de l'histoire :

.■\u levant, au couchant, partout, au sud, au pôle, Avec de vieux fusils sonnant sur leur épaule.

Passant torrents et monts, [vivres.

Sans repos, sans sommeil, coudes percés, sans Ils allaient, fiers, joyeux, et soufflant dans les

Ainsi que des démons. [cuivres

La liberté sublime emplissait leurs pensées, Flottes prises d'assaut, frontières effacées,

Sous leur pas souverain, O France, tous les jours, c'était quelque prodige Chocs, rencontres, cx)mbats ; et Joubert sur Et Marceau sur le Rhin I [l'Adigc,

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