‹ Francia; histoire illustrée de la FranceChapitre 383 sur 725 · Œuvres littéraires, Discours de Lyon · texte numérisé non relu

Œuvres littéraires, Discours de Lyon

LE DIRECTOIRE

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lieutenant. Il y rêve d'être «le héros qui et de la paix, et l'exacte notion de ce

libérera la Corse du joug des Français ». qu'elle voulait garder de la Révolution,

Son patriotisme, pendant les dernières et de ce qu'elle entendait avoir rejeté à

années de l'ancien régime et les premières jamais de l'ancien régime.

de la Révolution, fut exclusivement corse.

Comme l'insurrection de Paoli contre les Génois n'a été étouffée qu'après la cession de l'île, il écrit avec emphase : <i Je naquis quand la patrie périssait ; 30 000 Français vomis sur nos côtes, ce fut le spectacle odieux qui vint frapper mes regards. » Dans cette même lettre

Or, l'heure approche de la dictature militaire, prévue - depuis le début de la Révolution, comme la conclusion du drame. La France va aspirer à un gouvernement qui gouverne ; les grands révolutionnaires qui l'auraient pu constituer ont été engloutis par la tourmente, Mirabeau, Danton, Robespierre; les Bourbons sont en horreur pour leurintention

publique à Buttafuoco, représentant de proclamée (à Vérone) de rétablir l'ancien

la Corse à l'Assemblée Constituante, il régime, d'abolir l'égalité, de reprendre les

fait honte à Robespierre, à Mirabeau, à biens nationaux passés aux paysans ; et,

La Fayette, de tolérer à côté d'eux dans le conflit affreux ou pitoyable des

«l'homme qui vendit sa nation» (1790). partis, l'âme de la République, selon la

L'année d'après, il est à Ajaccio, tente formule fameuse, a passé dans les camps,

un coup pour se rendre maître de la ville, La nation a mal partout, sauf dans son

échoue, est rayé des cadres de l'armée pour absenceillégale, n'est rétabli qu'après le 10 août.

Rousseau, dans le Contrai social.

armée.

L'homme attendu, c'est un soldat heureux, tel le premier roi 3; ce n'est pas un Monk, dont le rôle peut tenter seule-

avait dit de la Corse : « J'ai quelque ment des chefs à ambitions limitées, pressentiment qu'un jour cette petite île Dumouriez, Pichegru, Moreau. Ce pour-

étonnera l'Europe » (à cause de la législation républicaine qu'il attendait de Paoli). Bonaparte prit la prophétie pour lui.

La France et Napoléon. — Il ne s'est donc tourné vers la France qu'après l'adhésion de la Corse à la Révolution ; l'émigration des officiers nobles et la guerre contre l'Europe ouvraient un

rait être Hoche. Quand la mort l'eut pris, Bonaparte resta seul.

Il était prêt. Il avait, en une campagne, monté plus vite dans la renommée qu'aucun autre homme de guerre. A l'en croire, il n'avait remporté ses victoires que pour fonder une paix durable. Mais la France aurait lu sous son masque le dessein de recommencer Alexandre,

champ presque illimité à qui rêvait de César et Charlemagne qu'elle se serait

gloire militaire. donnée quand même, tant elle attendait

Et, sans doute, un Henri IV et un de sa resplendissante intelligence et de

Richelieu ont, plus que lui, eu la France son pacte apparent avec la fortune. dans les moelles; — jusque dans son II dira qu'il n'a eu « qu'une maîtresse :

testament de Sainte-Hélène, il écrira, ce la France * ». Ce n'est sans doute pas

qui ne serait point venu sous la plume ainsi qu'il la faut aimer ; mais il ne lui

d'un fils de Saint Louis : « Je désire que déplaît pas d'être ainsi aimée. Et elle

mes cendres reposent sur les bords de la aura de lui tant de sujets d'orgueil qu'elle

Seine, au milieu de ce peuple français que lui pardonnera plus d'un million et demi

j'ai tant aimé ^ » ; — mais à peine eut-il de morts ^, le désastre final, la perte des

fait son choix entre la petite île natale et frontières de la République. D'autres

la grande patrie adoptive que personne l'ont mieux servie, mais il l'a portée dans

n'eut plus que lui le sens de la France la gloire plus haut qu'aucun autre

d'alors, de son double amour de la gloire peuple.

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DE Vendémiaire à Waterloo, l'histoire régicides : Barras, Letourneur, La Revel-

de la Révolution continue : c'est Hère, Rewbell et, en remplacement de

celle de l'ascension et de la chute de Sieyès non acceptant, Carnot (octobre

Bonaparte. i795)- .

Barras. — Les Conseils {Aucuns et 2. Par Rivarol, Catherine de Russie, le duc

Cinq-Cents) élurent au Directoire cinq de Richelieu

I. Il a* dit à Mme de Rémusat : *Vous, Français, vous ne savez rien vouloir sincèrement, si ce n'est peut-être l'égalité» (t. I. p. 273)-

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