D'ITALIE
Montenotte et Lodi. — Le Piémont fut réduit en moins d'un mois, par cinq coups de foudre ; les Autrichiens battus à Montenotte, ^Nlillesimo et Dego, les Sardes à Ceva et Mondovi. « Annibal avait franchi les Alpes, nous les avons tournées. » L'armistice de Chérasco, bientôt converti en paix, livra le Piémont, avec ses places fortes, base d'opérations pour la conquête de la Lombardie.
Une proclamation somptueuse célébra ces succès : « Vous égalez aujourd'hui, par vos services, l'armée de Hollande et du Rhin. Dénués de tout, vous avez suppléé à tout.... Mais, soldats, vous n'avez rien fait puisqu'il vous reste à faire. »
Combien modestement ont été annoncés Wattignies, Fleurus, Wissenibourg !
Toutes les autres étoiles pâlissent.
La Lombardie ne fut pas moins rapidement conquise. L'ordre de Camot :
<t Frappez et frappez vivement ! » arriva après la victoire. Bonaparte a franchi le Pô, presque aussi large que le Rhin, sans équipage de pont, avec des barques ramassées sur le fleuve ; puis l'Adige a été passée au pont de Lodi, sous des feux violents, par une colonne de grenadiers jetée en avant au pas de course.
Entrée à Milan. — A son entrée triomphale à Milan, Bonaparte parut le libérateur de l'Italie, bien qu'il fût acclamé surtout par les bourgeois et les nobles et que le menu peuple des villes, comme celui des campagnes, restât hostile.
Il conquérait l'Italie, ne la libérait point. « Toute l'Italie est à vous ♦, écrit-il au Directoire, et à Marmont : « L'Italie est à nous ». A son insu, en grand classique, il prépara son unité.
En attendant, il vécut sur elle.
Il puisait abondamment dans le répertoire à la mode, dont il recommandait l'emploi à ses lieutenants, les belles formules : « Réveiller le peuple romain engourdi par plusieurs siècles d'esclavage ; les cendres des vainqueur? des Tarquins, etc. », mais ce n'étaient que des mots. Il fit payer aux provinces occupées les frais de la guerre, alimenta
SIÈGE DE MANTOUE. — lygb A 1797.
avec des contributions le trésor à sec du Directoire. Chacun de ses traités dannistice et de paix comporta la cession de tableaux et de statues qu'il envoyait à Paris, comme les consuls envoyaient à Rome les dépouilles de la Grèce.
Prestige de Bonaparte. — La rapidité de ses victoires, le théâtre sonore où il les remportait, l'autoriié qu'il dégageait, tournèrent sur lui les yeux de l'Europe.
o Strasbourg
Le Directoire lui ayant ordonné de partager son année en deux, — laisser la Lombardie à Kellermann et pousser lui-même à Rome et à Naples, — il se refusa à recommencer Charles VIII et offrit sa démission. « L'unité de la pensée militaire », l'unité de commandement, c'est la condition indispensable de la victoire ; « une année n'est rien que par la tête ». *
Siège de Mantoae. — Bonaparte va