LES CROISADES
pvANS le même temps où la France se ^ constitua sous les Capétiens, — récit que j'ai préféré ne pas interrompre, — elle fut le foyer des Croisades et commença d'étendre son influence en Orient.
On a déjà raconté • la rapide extension de la religion islamique. Poursuivant leur inondation, les Arabes avaient conquis au VII* siècle sur l'empire byzantin la Palestine, Jérusalem et Bethléem, le berceau et le sépulcre du Christ. Vers la fin du si^ siècle, les Arabes fiu^ent vaincus et refoulés par une peuplade militaire, venue du fond de l'Asie, également musulmane: les Turcs, qui s'emparèrent, à leur tour, des Lieu-x Saints.
Les Arabes accueillaient favorablement les pèlerins ; le sultan Haroun-al- Raschid accorda à Charlemagne une manière de protectorat sur les Lieux Saints. Au contraire, les Turcs maltraitèrent les chrétiens, pour leur croyance que le Christ est le Sauveur, et, pareillement, les Juifs qui attendaient toujours le Messie.
Concile de Clermont. — Dès le x" siècle, mais surtout depuis la commotion de l'an looo où la chrétienté se crut à la veille de la fin du monde, « la grande pitié » de Jérusalem aux mains des Infidèles oppressait les croyants.
La légende attribue l'idée première d'une expédition de la chrétienté pour la libération du sépulcre à un pèlerin d'Amiens, Pierre Capuchon ou Pierre l'Ermite, qui aurait eu une vision à Jérusalem, où il est établi qu'il n'est jamais allé. L'idée appartient tout entière au pape Urbain II, prêtre français (né à Chàtillon-sur-Mame), qui s'inquiétait à la fois du Saint Tombeau et de la recrudescence des invasions musulmanes dans tout le bassin de la Méditerranée.
S'étant rendu avec un cortège nombreux d'évêques et d'abbés au concile de Clermont (28 novembre 1095I, il y prêcha la guerre sainte avec une si entraînante éloquence que tout l'auditoire se dressa, clercs et laïques, criant : « Dieu lèvent! Dieuleveut ! »et chacun mettant la croix rouge à l'épaule. D'où on les appela les Croisés.