VICTOIRE DE ZURICH
mal: emprunt forcé et progressif de qu'il avait rendue si brillante» et «de
100 millions, loi des otages contre les ses victoires changées en revers », la
parents des émigrés et des Vendéens victoire est revenue. Cependant la France
suspects de participer aux troubles du ne veut devoir son salut qu'à son héros.
Midi et de l'Ouest. Ce ne fut point pour la « multiple ■>
Sieyès, après s'être servi des néo bataille de Zurich que les Conseils, un
Jacobins, se retourna contre eux. Il dit mois avant Brumaire, se levèrent aux cris
à Fouché : « Il ne faut plus de bavards, de « Vive la République ! », mais pour la
il faut une tête — la sienne — et un bras. » nouvelle du débarquement de Bonaparte
Il fit des avances à Joubert, puis à à Fréjus.
Moreau. Le Directoire l'avait invité à revenir,
Victoire de Zurich. — Pendant les non pas seul, par évasion, mais avec son
six semaines que Bonaparte a été en mer armée. Bemadotte eût voulu le faire
{22 aoùt-8 octobre), la Frances'était de nouveau sauvée et, comme elle fait toujours, parce qu'elle n'est jamais plus elle-même que dans la mauvaise fortune.
On a vu, au début de la campagne, Maissénatenir seul en Suisse.
Solidement retranché, il y formait comme un saillant entre les Allemands
arrêter*, mais pour un prétexteridicule:
parce qu'il s'était fait dispenser de la quarantaine. Le Directoire en délibéra, trouva plus sage de rejoindre l'enthousiasme populaire.
De Fréjus à Paris, pendant sept jours (9-16 octobre), Bonaparte traversa des foules rantes.
déli- Les
sondes
B.^TAILLE DE ZURICH et les Russes ^'^s^i^i se jetant sur Korsakoff, puis sur Souvaroff, les met en déroute clochCS
,, , ■ sur le plateau de Zurich, (D'après Bouchot, Versailles.)
Lne fausse uaient
manœuvre des alliés, appelant Souvaroff feux s'allumaient la nuit sur les col-
en Suisse pour que l'archiduc pût se lines. Le vieux républicain Baudin (des
porter contre Mayence, lui inspira <i l'une Ardennes), en apprenant le retour du
des plus belles opérations dont l'histoire sauveur, mourut de joie.
de la guerre fasse mention * ». Préparatifs du coup d'Etat. — La
Se jetant d'abord sur Korsakoff dictature était le terme logique de la
privé de l'archiduc, puis sur Souvaroff Révolution épuisée qui avait tué d'abord
venu par le Gothard, il les mit en déroute ses hommes, sous la Terreur, puis ses
sur le plateau de Zurich (25-26septembre). principes, sous le Directoire.
Souvaroff se replia sur la Bavière ; Ce qui étonne, c'est que, faute de
l'empereur Paul, mécontent des Autri- quelques heures de patience, Bonaparte
chiens, quitta la coalition. ait violenté, pris de force la République
Brune, dans le même temps, divisa qui s'abandonnait,
les Anglais et les Russes, les battit à II avait dit à ses officiers, en s'embar-
Bergen et à Castricun, et força le duc quant :« Nous allons chasser les avocats. »
d'York à évacuer la Hollande. A son arrivée à Paris, il parut enclin à
Du coup, l'archiduc, sur le Rhin, se respecter la légalité. Il eût voulu se faire
mit en retraite. nommer au Directoire.
Retour de Bonaparte. — Ainsi, au Sieyès, rallié de la vingtième heure,
même moment où Bonaparte va demander d'autant plus âpre, poussa au coup compte au Directoire << de cette France