‹ Francia; histoire illustrée de la FranceChapitre 407 sur 725 · TRAITE DE LUXÉ VILLE · texte numérisé non relu

TRAITE DE LUXÉ VILLE

son absence.» ténébreuse affaire ' » où le ministre de la Police (Fouché) et le ministre des Affaires étrangères (Talleyrand) semblent avoir eu quelque part.

Vaincu, et il leùt été sans Desaix, il était perdu. Telle est la base fragile des dictatures.

Cependant Marengo n'arrêta pas les complots. Si la police se mêla trop de la conspiration de deux républicains corses, Aréna et Ceracchi, il s'en fallut de peu que l'explosion de ♦ la machine infernale », qui couvrit de ruines le quartier Saint- Nicaise, ne mît en miettes la voiture où le Premier Consul se rendait à l'Opéra.

Deux des chouans qui avaient commis le crime furent arrêtés et exécutés ; mais, avant qu'ils eussent été découverts, Bonaparte obtint du Sénat la déportation de 130 républicains, Jacobins et autres, dont il a convenu lui-même « qu'ils n'étaient pas les auteurs de l'attentat ». Ils le gênaient. Il saisit, dit-il, l'occasion de s'en débarrasser et, les sachant innocents, les laissa mourir, à l'exception de deux, en prison ou au bagne.

Ce n'était pas le premier et ce ne fut pas le dernier de ses crimes d'Etat.

Préliminaires de Paris. — Comme l'armistice de Léoben, celui de Marengo tomba sur Moreau en plein succès ; il venait de franchir le Danube et d'occuper Munich.

Si vif que fût le désir de Bonaparte de faire sortir la paix de sa campagne d' Italie, les négociations n'aboutirent pas. Les préliminaires de Paris furent à peine signés entre Talleyrand et le général de Saint-Julien que l'Autriche se souvint qu'elle s'était obligée à ne pas traiter sans r.\ngleterre.

L'Angleterre proposa une négociation commune, mais sans consentir au préalable un armistice naval. En effet, cet armistice eût permis le ravitaillement de Malte et l'envoi de renforts en Egypte.

Les pourparlers, qui avaient repris à Lxméville, furent rompus ; Bonaparte avertit l'Autriche que la guerre continuerait tant qu'elle se refuserait à traiter sans r.^ngleterre.

Hohenlinden. — Ce fut Moreau, cette fois, qui porta les coups décisifs. La bataille qu'il gagna dans la forêt de Hohenlinden sur l'archiduc Jean, est la plus belle de ses victoires et, au dire de Bonaparte, ♦ l'une des plus belles journées

2 . Message au Corps législatif. — Dans ses I. Titre d'un roman où Balzac a raconté, Commentaires de Sainte-Hélène, Napoléon d'après des documents de police, quelques inci- revint, sans profit pour sa gloire, sur son pre dents de cette intrigue. mier jugement.

qui aient illustré la valeur française * ». Ses lieutenants, Ney, Grouchy, Lecourbe, Decaen, surtout Richepanse, s'étaient, comme lui-même, surpassés (3 décembre 1800).

Après avoir perdu 20 000 hommes, 100 canons et tous ses bagages, l'armée autrichienne était hors d'état de défendre les lignes de l'Inn et de l'Ens. Il n'eût dépendu que de Moreau d'entrer à Vienne, mais il était sans nouvelles des armées d'Italie, ignorait que Brune avait heureusement franchi le Mincio et l'Adige et que Macdonald avait pénétré dans le Tyrol ; il préféra consentir un nouvel armistice.

L'archiduc Charles, qui avait remplacé son frère Jean, engagea sa parole que les hostilités ne seraient suspendues que pour conclure immédiatement, aux conditions de la France, une paix séparée. « Nous ne combattons, disait Moreau, que pour la paix. »

Traité de Lunéville. — Hohenlinden, la dernière victoire « républicaine », ouvrit l'ère des négociations qui allaient donner vingt-sept mois de paix au continent (décembre 1800-mai 1803).

Le premier traité fut signé avec les représentants de l'Autriche et de l'Empire à Lunéville (9 février 1801). François II accorda la Belgique, le Rhin et l'Adige ; en outre, il reconnut les républiques batave, helvétique, ligurieime et cisalpine.

La Toscane fut constituée en royaiune d'Etrurie pour l'infant de Parme, Bonaparte se réservant l'île d'Elbe.

L'Autriche, la Prusse et les électorats seront indemnisés pour leurs territoires de la rive gauche sur la sécularisation générale des principautés ecclésiastiques. Le règlement, soumis à l'arbitrage de Bonaparte, se fera à Paris.

La Diète ayant ratifié cet arbitrage par le Reccz de 1802, près de 300 petits États sur 360 furent supprimés, premier grand pas vers la concentration et l'unité de l'AUemagne.

Vinrent ensuite les traités avec Naples, qui consentit à fermer ses ports aux Anglais, et avec l'Espagne qui céda la Louisiane. La paix avec la Russie fut signée plus tard, mais l'état de paix existait depuis Bnunaire.

L'année d'après, la Consulta (Assemblée des notables) de Lyon transforma

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