LA PAIX D'AMIENS
Entente franco-russe. — La pacification A l'approche du printemps, au len-
générale du continent, la ligue des demain de la chute de Pitt (févrieriSoi) et
puissances du Nord (Danemark, Suède de son remplacement par Addington, le
et Prusse) constituée par la Russie pour tsar lança la Prusse sur le Hanovre, patri-
la défense du droit des neutres : « La mer moine allemand du roi George, appartient à tout le monde », et le traité Mort de Paul I". — Si enclins à la
entre l'Amérique et la France pour cette paix que fussent les successeurs de Pitt,
même liberté des mers, ont ramené ils restaient résolument anglais. l'Angleterre à l'isolement de 1780 ^ Le 30 mars, moins de deux mois après
Bonaparte va pouvoir diriger contre elle toutes les forces de sa Repu biique d'Occident et chercher à nouer une co ali t i o n avec le reste de l'Europe.
Sa correspondance, à l'époque des négociations de Lunéville, est pleine de ce projet ; la fonquéte de ^^ ^^^.^^ ^^ la Méditer- paix ranée, qui doit être « un lac français
Lunéville Nelson passa le Sund, bombarda Copenhague sans déclaration préalable de guerre, coula la flotte danoise. Huit jours avant, le tsar Paul avait été assassiné par des conjurés de cour ; son fils Alexandre, qui avait connu le complot, lui
LA PAIX D AMIENS ité du 26 mars ï8os rétablit, pour la première fois depuis 1792. la c^pAHa ' ot dans toute l'Europe. \D'A-pvksBoiX\y, coll. Fr. Massott.) succeua CL
vécut toute sa vie parmi les meurtriers.
Bien qu'une note du Moniteur ait cherché à en répandre le soupçon, il n'existe « aucun rapport entre les deux événements ^ ». Mais « le bombardement
c est
toujours le leit-motiv de son épopée ou,
comme il dit lui-même, de son « roman ».
Il écrit à Talleyrand, à son frère
Joseph : « La paix avec l'empereur n'est
rien en comparaison d'une alliance qui de Copenhague par Nelson suffît pour
maîtrisera l'Angleterre et nous conservera l'Egypte. » Et cette alliance qui donnera la plus grande victoire, il croit déjà, son imagination aidant, la tenir.
C'est celle du tsar Paul, qui s'est pris
dissoudre la coalition des neutres, et l'assassinat de Paul fut suivi de la réconciliation de l'Angleterre avec la Russie 3 ». Perte de l'Egypte. — En même temps, Malte tomba aux mains des Anglais
d'admiration pour lui, qui a l'Angleterre après un blocus de deux ans et l'Egypte
en haine et qui vient de faire établir par fut définitivement perdue.
Rostopchine un plan de partage de Kléber avait été contraint par le ,
l'Orient. Le tsar veut aussi Malte et la mécontentement de l'armée de négocier,
grande maîtrise de l'Ordre. en janvier 1800, une convention d'éva-
Bonaparte accepte tout, pourvu qu'il cuation avec Sidney Smith. Le gouver-
garde l'Egypte. Comme l'Autriche est ncmcnt anglais ayant refusé de sanc-
un pion essentiel sur l'échiquier oriental, tionner l'accord, il s'était retrouvé
il lui offre la part qu'elle convoite depuis lui-même pour écraser à Héliopolis une
un demi-siècle : Serbie, Bosnie, Valachie. i .i.- ^ ■ j ,
' ' 2. « L'histoire notis apprendra quels rapports peuvent exister entre ces deux événe-