I. Pendant la guerre d'indépendance amé- ments
ricaine. 3- Seelev, p. m.
PAIX D'AMIEXS. — liioj.
grosse armée anglo-turque. Assassiné par un fanatique le jour même de la bataille de Marengo, il fut remplacé par Menou, brave soldat, mais incapable, qui s'était fait musulman.
L'amiral Ganteaume ayant échoué par deux fois à lui amener des renforts, Menou ne put empêcher les Anglais de débarquer à Aboukir. Battu à Canope, il signa la capitulation d'Alexandrie (août 1801).
A l'autonme, l'Egypte fut évacuée et l'étonnante entreprise ne parut plus qu'une aventure.
Préliminaires de Londres. — La victoire sur l'Angleterre ayant échappé, le Premier Consul vit qu'il n'y avait plus qu'à traiter. Le besoin de paix était trop profond en France, et l'Angleterre manifestait trop vivement, depuis la chute de Pitt, son désir de finir la guerre pour que la continuation n'en eût pas été imputée à Bonaparte.
Au contraire, s'il conclut avec l'Angleterre une trêve sous l'apparence d'un grand traité, le monde saluera en lui l'auteur bienfaisant de la paix générale ; le nouveau César sera un second Auguste. « C'est un dieu qui nous a fait ce repos. »
Il reçut donc les ouvertures du ministère Addington et engagea aussitôt les conversations à Londres. Les préliminaires y furent signés le 1*=' octobre 1801.
Dès que la nouvelle en fut connue, elle fut accueillie par les Anglais avec d'extraordinaires transports. Quand le colonel Lauriston apporta les ratifications, la foule détela les chevaux de sa voiture aux cris de : « Vive Bonaparte ! »
Le peuple d' abord ne vit qu'une chose : que l'Angleterre, qui avait été menacée de l'invasion, en était à l'abri.
Paix d'Amiens. — Les préliminaires de Londres furent convertis à Amiens, le 26 mars 1802, en traité de paix.
Le traité stipula que l'Angleterre restituait à la France et à ses alliés, le roi d'Espagne et la République batave, toutes leurs colonies sauf Ceylan et la
Trinité ; qu'elle (juitterait dans les trois mois Malte, rendue à l'Ordre ; q\ie la France évacuerait les États romains et Tarente, et que l'Egypte ferait retour à la Porte dont l'intégrité était garantie.
Par contre, l'Angleterre refusa de s'occuper du continent. Le traité ne dit rien ni de la Belgique ni de la rive gauche du Rhin, ni encore des républiques vassales d'Italie, ni même du Piémont qu'un simple décret, en réponse au bombardement de Copenhague et à l'assassinat du tsar, avait réuni à la République.
Malgré ces silences, lourds de menaces, un tel traité était glorieux pour la France. Que le plus considérable profit en fût pour elle, Pitt et ses amis le dirent assez aux Communes. Pour les ennemis impénitents de la Révolution, ce fut «l'infâme traité d'Amiens ^ ».
Les arrière-pensées. — Comme tous les traités, celui d'Amiens sera ce que le feront les contractants. Sa précarité, c'est ce qu'il ne dit pas ; il est redoutable par ses prétentions. L'Angleterre n'a pas renoncé à sa traditionnelle hostilité contre notre frontière du Rhin et de l'Escaut, Bonaparte à ses desseins sur l'Orient et sur les mers. Y renonceront-ils?
Addington a dit aux Communes :
« Notre devoir est de garder nos forces ; réservons-les pour des occasions futures, alors qu'on pourra reprendre l'offensive avec espoir de succès. »
Bonaparte a écrit à Decrès, son ministre de la Marine, qu'avant dix ans, quand la France et ses alliés auront en mer cent vaisseaux, et «avec un peu de prépondérance sur la terre », « il sera facile de rendre inutile l'intervention de l'Angleterre dans la Méditerranée ».
L'Angleterre et Bonaparte s'accordent ainsi dans leurs arrière-pensées, mais l'un et l'autre sont-ils condamnés à n'en pas changer? Le croire, c'est supprimer la liberté humaine, tomber au fatalisme oriental.