PHILIPPE LE BEL. — 12S5 A
il visita Nazareth et releva les murs des villes de la côte, Jafïa, bidon, Saint-Jean d'Acre.
Le sultan de Damas lui aurait accordé volontiers une trêve avec licence d'aller à Jérusalem ; les barons de Palestine s'y opposèrent. « Le roi Louis, dirent-ils, est le plus grand roi des chrétiens ; s'il accomplit son pèlerinage à Jérusalem sans la délivrer des mains des ennemis de-Dieu,, tous les autres rois à l'avenir estimeront suffisant de faire leur pèlerinage comme aura fait le roi de France. »
Cependant il ne pouvait se détacher de la Palestine ; il fallut la nouvelle que sa mère était morte pour le décider à revenir en France.
Coimne il ne se jugeait pas quitte de son vœu, il continua à porter sur l'épaule la croix rouge ; sa pensée ne cessa d'aUer aux Lieux Saints.
Quatorze années après son retour, quand il apprit l'invasion des Jlongols en Terre Sainte, les massacres qu'ils firent et la destruction des plus célèbres églises, il n'yput tenir ; «il entendait de la Sainte-Chapelle les gémissements des mourants et les cris des vierges chrétiennes »'.
Son appel à une nouvelle Croisade trouva peu d'accueil ; même son fidèle Joinville refusa de le suivre. On peut dire qu'il traîna à la dernière Croisade la France qui avait entraîné ses prédécesseurs'à la première.
Les Turcs s'attendaient à le revoir en Egypte et regrettaient de lui avoir rendu la liberté ; les chrétientés de Syrie avaient mis en lui leur suprême espoir. Il se laissa persuader, on ne sait par qui, d'attaquer d'abord Tunis, d'oi: l'Egvpte,' croyait-il, tirait sa cavalerie. En outre, il ferait refleurir la foi chrétienne « sur cette terre où, du temps de saint Augustin, elle avait brillé d'un si grand éclat ».
L'armée, la plus belle qu'il eût encore levée et qu'il avait mis trois ans à préparer, débarqua devant Carthage le I" juillet 1270. C'était l'époque de la canicule. La peste se déclara dans son camp. Le roi en fut atteint. Il se fit mettre sur un lit de cendres et expira doucement.
Son fils, qui l'avait accompagné, prit la couronne et ramena péniblement l'armée en France.