‹ Francia; histoire illustrée de la FranceChapitre 474 sur 725 · Mémoires, t. I, p · texte numérisé non relu

Mémoires, t. I, p

iSi4. — CAMPAGNE DE FRANCE.

dite» (toiles Zeiig), avait dit du premier passionnément attachée à la Révolution, jour le ministre prussien. Les paysans des Vosges formèrent des

Mais la mission de Saint-Aignan fut compagnies de francs-tireurs, harcelèrent vite connue ; les insinuations de Metter- les Autrichiens.

nich devinrent, dans le langage des Le patriotisme foncier des vieilles

partis, « les bases de Francfort » ; l'em- marches, lorraines, champenoises, se pereur les avait repoussées, et, encore réveilla plus tard, quand l'invasion cessa une fois, il n'y avait bien qu'un seul d'être une promenade militaire et que ennemi de la paix du monde. les cosaques et, plus encore, les Prussiens,

Passage du Rhin. — Le 21 décembre, se remirent à faire la guerre avec leur les alliés franchirent le Rhin, de Mayence coutumière sauvagerie. — York luià Schafîouse. même, au récit d'un Allemand (l'historien

Ils rie rencontrèrent nulle part de Droysen), dit « qu'il croyait avoir l'honrésistance. Napoléon ayant fait replier neur de commander un corps d'armée les dernières troupes d'occupation aux prussien, mais qu'il ne commandait 'Vosges, puis à la vallée de la Seine. qu'une bande de brigands ». — Les

Proclamation des alliés. — Dès que paysans se soulevèrent alors de toutes le généralissime Schwarzeuberg eut passé parts, en Argonne, dans les Ardennes, et la frontière, il fut précédé partout par la proclamation :

« Nous ne faisons pas la guerre à la France. »

La leçon de 1792 n'avait pas été perdue. Alors que le manifeste de Brunswick, avec ses menaces contre la Révolution, fit lever jusqu'aux pierres du chemin, celui de Schwarzeuberg, avec sa distinction entre l'empereur et le pays, affaissa des

âmes jusqu'alors les Sibérie et du Turkestan.

plus fermes. • , . 1

L'invasion. — Quelques villes (Dôle, différents les temps et, aussi, le métal

Bourg, Chalon-sur-Saône) tirèrent des de l'instrument qu'il a en mains !

coups de fusil avant de s'ouvrir ; partout Les maréchaux sont las et inquiets,

ailleurs il suffît aux alliés d'apparaître Quelques débris héroïques de la grande

ou d'envoyer des parlementaires ; Epinal, armée servent de cadres à 30 000 conscrits,

Reims, Mâcon, Dijon, Nancy, Langres à peine exercés, parfois en blouse encore

tombèrent ainsi en moins d'un mois et en sabots,

(janvier 1814). Cependant l'empereur n'est pas plutôt

Préfets et sous-préfets étaient partis, arrivé à Chàlous que 1' 'infatigable» a

avec les derniers soldats, par ordre. communiqué à ses lieutenants déconcertés

Dans les campagnes, dès que retentis- assez de sa confiance pour les remettre en

sait le cri: «Les cosaques !», les villageois haleine et qu'à son contact ses hâtives

se sauvaient vers les bois. recrues ne pensent plus qu'à s'égaler aux

Cette soumission encouragea fort les « grognards ».

alliés. Caulaincourt, Mortier écrivirent Les Maric-Louise, comme on les

«qu'il n'y avait plus d'énergie ' ». appelle, vont se battre, à leur tour, un

Il y eut des exceptions, surtout en contre trois et un contre quatre. « A leurs

Alsace. Pas une province de l'ancienne jarrets d'acier» de jeunes paysans, il

l'rance qui fut plus française ni plus demandera jusqu'à vin.yt lieues par jour,

comme aux autres qui l'ont suivi de

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