‹ Francia; histoire illustrée de la FranceChapitre 473 sur 725 · LA PREMIÈRE INVASION · texte numérisé non relu

LA PREMIÈRE INVASION

Napoléon à Paris. — A peine arrivé à Paris (() novembre 1813), Napoléon y put mesurer l'étendue de sa défaite et le poids des fautes de tout son règne.

A la veille de l'invasion, le peuple, que l'empereur a accoutumé à le croire invincible et qu'il a déshabitué des mœurs de la liberté, fut comme frappé Carnot, qui avait refusé de servir Tem

faire roi d'Italie et s'apprêta à rompre avec l'Empereur.

Carnot à Anvers. — Comme Joseph lui-même, descendu de son trône espagnol, pensait à supplanter Napoléon et alléguait des droits d'aînesse — « Sur la vigne de notre père », dit l'empereur,

de stupeur; l'esprit de 1792 ne peut animer qu'une nation qui a foi en ellemême.

Pour avoir substitué son propre culte à celui de la Patrie et de la Révo-

pire, s'offrit à la Patrie en danger et reçut le commandement d'Anvers.

Les ouvertures de Francfort. — Entre temps, Metternich avait, de Francfort, continué son jeu : « Dans le but d'isoler

lution, Napoléon ne trouva plus chez encore davantage Napoléon, et d'agir

la nation qu'il avait destituée de ses en même temps sur Vesprit public en

droits que la lassitude du sacrifice. France, rattacher à l'idée des frontières

Dès le surlendemain de son retour, il naturelles l'offre de négociations immé-

dit au Conseil d'Etat (où siégeaient diates * ».

encore quelques anciens conventionnels) : Ce fut toute l'aventure du baron de

* Je le vois bien ; nous ne sommes pas Saint- Aignan, ministre de France à Wei-

des Romains », ce qui était la condamna- mar, fait prisonnier par les coalisés, puis

tion de tout son système. Il dira encore : « J'ai moi-même détruit la Révolution ^. » Le Sénat lui vota une dernière levée de 300 000 hommes, sur les classes antérieures depuis 1803, en outre de 260 000

remis en liberté avec mission d'aller porter à Napoléon la promesse verbale — car aucune note ne lui fut remise — de la « paix des limites ».

Napoléon ne fut pas dupe : « Le lan-

qui avaient été accordés le mois précédent, gage de. Metternich était fallacieux».

Quand il fit ensuite appel au Corps Cependant il fit annoncer l'envoi d'un

législatif, à qui, depuis Brumaire, il avait plénipotentiaire, Caulaincourt,afind'obte-

interdit l'usage public de la parole, les nir la confirmation par écrit des conver-

« muets » répondirent par des remon- sations autrichiennes, « ce que les alliés

trances et demandèrent le rétablissement accorderaient aisément, s'ils étaient sin-

de la liberté. cères » (16 novembre).

Napoléon s'irrita et déclara la ses- Comme ils ne l'étaient pas, la confir-

sion close.

Les défections. — Dans les salons de Paris, surtout chez Talleyrand, etjusque

matton ne vint pas. Metternich rédigea savamment une déclaration vague où il n'était plus question que du désir des

dans la famille impériale, les intrigues alliés de voir la France « grande, forte et

battaient leur plein et les défections se heureuse ». Aussi bien fallait-il d'abord

préparèrent. consulter les Anglais en vue « de confé-

Murat, qui n'était lui-même qu'à la rences préliminaires», tête de ses escadrons, avait quitté l'armée Les conférences ne s'ouvriront qu'en

au lendemain de Leipzig. Sitôt rentré à février, deux mois après, et il n'y sera

Naples, où Caroline déjà négociait, il plus question de la ligne du Rhin. «Absurtraita avec l'Autriche, prétendit à se

♦ Quand je mourrai, le monde dira : Ouf ! - Thiers, t. XVII, p. 534.

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