‹ Francia; histoire illustrée de la FranceChapitre 477 sur 725 · CARTE DES CHAMPS DE BATAILLE DE LA CAMPAGNE DE FRANCE · texte numérisé non relu

CARTE DES CHAMPS DE BATAILLE DE LA CAMPAGNE DE FRANCE

proposeront, non plus les frontières naturelles dont il n"a été question qu' «officieusement » à Francfort, mais les limites de 1792. La France ne prendra point part à la reconstruction de l'Europe.

Napoléon envoya des pleins pouvoirs à Caulaincourt, mais avec de telles réserves que son arrière-pensée de « laisser à la guerre le temps de se développer » parut à chaque ligue (5 février).

C'était exactement la pensée des alliés qui ne refusaient pas encore de traiter avec Napoléon, mais qui comptaient sur Bliicher ec sur Schwarzenberg pour finir la guerre « par sa chute entière ».

Montmirail. — Le plan des alliés était d'acculer Napoléon sur Paris en y

heureux à Brienne, résistèrent pendant toute une journée à plus de 100 000 alliés. Cependant la position devint intenable et Napoléon fut contraint de se retirer sur Troyes.

Les alliés commirent alors la faute qu'il avait attendue. Aussitôt Napoléon, manœuvrant comme autrefois en Italie, courut de Bldcher à Schwarzenberg, et les battit tour à tour, les Prussiens sur la Marne, en quatre combats livrés coup sur coup, Champaubert, Montmirail, Château-Thierry et Vauchamps, où il leur mit par terre 28 000 hommes sur 60000 et leur prit de l'artillerie et des drapeaux ; et les Autrichiens sur la Seine, à Mormant, Nangis et Montereau.

iSi4. — TRAITÉ DE CH AU MONT.

Schwarzenberg et Blûcher se replièrent sur Chaumont et Châlons, c'est-à-dire à peu près sur les positions qu'ils occupaient avant de s'engager sur les routes de Paris.

Propositions de Châtillon. — Ces sept victoires, remportées en huit jours (lo au i8 février), avec une poignée d'hommes, et un beau succès du prince Eugène sur le Mincio, donnèrent à Napoléon l'illusion qu'il gagnerait encore cette guerre.

Il revint sur l'ordre d'évacuer l'Italie, refusa l'armistice demandé par les Autrichiens et repoussa formellement les propositions qui lui avaient été transmises de Châtillon par Caulaincourt : sa couronne, mais les anciennes limites.

Aussi bien, du premier jour où il en eut connaissance, au lendemain de sa retraite sur Troyes, avait-il protesté qu'il ne les signerait jamais : << Quoi ! vouloir que je foule aux pieds mon serment (de maintenir l'intégrité du territoire) !

Des revers inouïs ont pu m' arracher la promesse de renoncer à mes conquêtes ; mais que j'abandonne celles de la République ! Quoi ! laisser la France plus petite que je nel'ai trouvée!... Qu'aurai- je à répondre aux républicains du Sénat quand ils viendront me redemander leur barrière du Rhin ! »

Les royalistes. — Il ne s'indigna pas avec moins de véhémence quand Joseph et les ministres, qu'il avait laissés à Paris auprès de Marie-Louise et de son fils, cherchèrent à le décider par la menace des Bourbons.

Le nom des Bourbons avait été comme oublié depuis l'avènement de Napoléon. Il reparut dans toutes les conversations depuis ses défaites. Le comte de Prov'ence lança d'Angleterre une proclamation : « Recevez en amis les généreux alliés. Que leur entrée en France soit accueillie par des cris de joie ! » Le duc d'Angouléme accourut sur la frontière des Pyrénées ; un audacieux émissaire, VitroUes, après avoir vu Talleyrand, pénétra au camp des alliés où il eut l'appui des Anglais.

Bien qu'il fût très exactement informé de l'agitation royaliste, Napoléon écrivit à Caulaincourt : « Vous me parlez toujours des Bourbons ; je préférerais les voir en l-'rance avec des conditions raisonnables que de souscrire à des propositions infâmes. »

Soissons. — Encore une fois, un accident, de ceux qu'aucune prévoyance ne peut éliminer de la guerre, accéléra, sinon changea, la marche des événements.

Les événements ne paraissent inévitables que parce qu'ils se sont accomplis.

Rassuré du côté des Autrichiens en retraite depuis leurs défaites de la Seine, Napoléon s'était remis à la poursuite de Bliicher, qui avait repassé la Marne et se repliait vers l'Aisne. Comme Bliicher ne pouvait franchir l'Aisne à l'Ouest que par le pont de Soissons qui nous appartenait, l'empereur se proposa de le déborder à l'Est, de lui fermer l'issue de Reims, et de le mettre hors de combat avant sa jonction avec Bulow et les Russes de Wintzingerode qui étaient entrés en France par la Belgique.

« Si la place de Soissons, dit un écrivain militaire russe (le général Langeron), eût tenu vingt-quatre heures, larmée de Silésie eût été écrasée et eût au moins perdu toute son artiUerie. »

La place ne tint pas. Son gouverneur, le général ^loreau (homonyme du célèbre Moreau), se laissa intimider par Wintzingerode. Satisfait d'obtenir la capitulation avec tous les honneurs de la guerre, il livra la ville et le pont (3 mars).

Bliicher, le lendemain, trouva ouverte la porte qui aurait dû être fermée et donna la main aux Russes.

Craonne. — Napoléon, s'obstinant contre la fortime, ne renonça pas à poursuivre BU' cher, qui avait maintenant l'Aisne pour lui et dont 1" armée était renforcée à 100 000 hommes.

Passant la rivière en amont, à Berr>'au-Bac, il alla le chercher sur le plateau de Craonne. Il ne put qu'y prendre pied, au prix de grandes pertes, et, s'il réussit à déboucher dans la plaine de Laon, il fut arrêté, après deux autres sanglantes journées, devant les faubourgs de la ville, au pied du rocher qui la domine (7-10 mars).

Traité de Chaumont. — Le jour même où Napoléon échouait devant Laon, les alliés qui avaient attendu avec anxiété le résultat de la rencontre, signèrent à Chaumont le pacte (antidaté au i" mars) qui allait ser\'ir de base aux traités de Paris et de Vienne et gouverner l'Europe pendant quarante ans '.

Conclu pour vingt ans et renouvelable, le pacte obligeait les quatre grandes puissances contractantes <■< à ne pas négocier séparément avec l'ennemi commim », à ramener la France à ses frontières de 1792, à se réunir à nouveau contre elle si elle reprenait les armes et à réorganiser l'Europe sur les bases déjà convenues : Confédération germanique,

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