‹ Francia; histoire illustrée de la FranceChapitre 480 sur 725 · I. TuiERs. Ea' République n'était qu'un souvenir · texte numérisé non relu

I. TuiERs. Ea' République n'était qu'un souvenir

LA DÉCHÉANCE. — i8i,

daiis la pensée de ce qui survivait des républicains. Le duc d'Orléans n'avait pas encore ccmmencé à se réser^'er.

Pourquoi un autre soldat, quand le premier de tous s'écroulait? Bemadotte a porté les armes contre les Trançais.

Il n'y avait pas d'autre solution que les Bourbons. C'était la carte forcée.

Eu.x seuls représentaient un principe :

la légitimité. Eu.x seuls pouvaient accepter avec di.^nité la pai.x des anciennes limites, les leurs. La plus grande maison de l'histoire rentrait avec eux sur la terre que leurs ancêtres avai< nt faite.

Il n'allait dépendre que d'eux de n'y pas faire rentrer l'ancien régime et de ne point paraître rentrer eux-mêmes «dans les fourgons de l'étranger».

C'est ce que Talleyrand, chez qui Alexandre était descendu, n'eut pas de" peine à lui faire entendre.

La déclaration du 31 mars. — Le tsar rédigea, en conséquence, un manifeste, aussitôt affiché : <• Les alliés proclament qu'ils ne traiteront plus avec Napoléon Bonaparte, ni avec aucun membre de sa famille ; qu'ils respecteront l'intégrité de l'ancienne France, telle qu'elle a existé sous Ses rois légitimes; ils peuvent même faire plus, parce qu'il faut pour le bonheur de l'Europe que la France soit grande et forte ».

La déclaration invitait le Sénat à désigner un gouvernement provisoire et « à préparer la Constitution qui conviendra au peuple français ».

C'était bien dicter au Sénat ses votes ; les circonstances les dictaient autant qu'Alexandre, et l'apparence était à peu près sauve.

Renversement de l'EmpiTe. — Le Sénat avait ratifié servilement tous les actes du despotisme impérial ; mais la France était à ce point épuisée, étourdie de sa chute et passionnée de paix qu'une assemblée populaire, s'il avait été alors possible de la convoquer, n'aurait pas hésité davantage que les 70 sénateurs (sur 140) qui se réunirent sur la convocation de Talleyrand ^, à proclamer la déchéance, tel « un arrêt du destin ».

Les considérants du décret furent rédigés par les quelques sénateurs qui avaient joué aux opposants.

Le gom^emement provisoire fut composé de Talleyrand, de deux autres anciens constituants : Jaucourt et l'abbé de Montesquif)u, du duc de Dalberg, et du général Beumonville, ministre de la

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