ISI4. — BATAILLE DE PARIS
alliés les bousculèrent à penoise et arrivèrent sur
Fère-Chamleurs talons devant Paris, dans la soirée du 29 mars. Le conseil de régence avait reçu, dans la matinée, communication de deux lettres de l'empereur qui prescrivait de né laisser à aucun prix tomber sa fenune et s<jn fils entre les mains des alliés. Se conformant à l'ordre qui était formel,
au relais de poste de Fromenteau (près de Juvisy) ; le général Belliard lui apprit les événements de la journée.
Il s'emporta d'abord contre tout le monde, puis étala ses cartes, conçut tout de suite le projet, insensé ou formidable, de se jeter sur Paris dès que l'armée, dans trois ou quatre jours, l'aurait rejoint, envoya Caulaincourt au tsar, dans la
Marie-Louise, avec le roi de Rome, se pensée de gagner du temps, et se rendit rendit à Blois. à Fontainebleau.
Talleyrand fut presque seul à désap- Les alliés à Paris. — Les alliés firent
prouver : Partir, c'était débarrasser la leur entrée triomphale à Paris, dans la coalition de toutes les difficultés qu'elle matinée du 31, le tsar entre le roi de pouvait encore rencontrer pour rétablir Prusse et Schwarzenber . les Bourbons. Ils traversèrent les faubourgs popu-
Politique avant tout (jusque dans ses laires au milieu d'un tragique silence ; trahisons), il avait conseillé ce qu'il y avait de mieux '.
Le 30, les alliés attaquèrent Paris sur la rive droite de la Seine.
Marmont et Mortier, avec Moncey, qui , commandait les gardes nationales, firent une défense héroïque, au plateau de Romainville, à la plaine Saint-Denis, à la butte Montmartre et à la barrière de
passé la porte 1 Saint-Denis, es manifestations royalistes commencèrent. Des balcons d'où pendaient des b a nn ièr e s b anches, les souverains furent acclamés.
Les cris de « \'ivent les alliés !» et de « Vivent les Bourbons ! »
se mêlèrent.
Chateaubriand, qui venait d'ache-
à la barr.ère de Clichy. Paris n'était pas fortitié. tant l'idée qu'il pût avoir VCr SaviolcntC à se défendre était loin de tous les esprits. diatribe : De
MONCEV .\ L.\ B.VRRIERF. DE CLICHV
Moncey, qui conimanilnit les gardes nationales, fit une défense héroïque
(Par H. Vemet, Mxsée du Louvre.]
Buonaparte et
Clichy. Ils avaient exactement 24 000 hom- des Bourbons, écrira plus tard: «J'étais
mes contre plus de 100 000 assail- stupéfait et anéanti au-dedans de moi-
lants. même comme si l'on m'arrachait mon
Paris n'était pas fortifié, tant l'idée nom de Français. » qu'il pût être réduit à se défendre avait La « carte forcée ». — Alexandre, à
été loin de tous les esprits pendant tant la porte de Paris, dit un mot élégant et
d'années où le drapeau de la Révolution adroit : « Je viens réconcilier la France
fitletour des capitales de l'Europe. avec l'Europe ». Le mot expliqua des
Joseph, après avoir assisté au début actes qui étaient devenus inévitables, si
de la bataille, partit avec les ministres, douloureux qu'ils fussent, et couvrit
laissant aux maréchaux l'autorisation de les trahisons, traiter. L'inévitable, c'était la paix de
La capitulation fut signée peu après ; l'Europe, édictée au traité de Chaumont,
les maréchaux rendaient Paris, mais — que les alliés eiix-mênies, avant leur
obtenaient de se retirer avec armes et pleine victoire, s'étaient interdit de
bagages. modifier, — et le retour des Bourbons.
Napoléon à Fromenteau. — Vers La régence de l'impératrice autri-
minuit. Napoléon, que le cri de l'armée chienne avait été tuée par Napoléon hii-
avait oblige de revenir sur Paris, arrivait même, par son ordre de faire partir pour
Blois sa femme et son fils.