PREMIÈRE RESTAURATION
Retour des Bourbons. — Les Bourbons de l'Angleterre et recouvrant son trône
revinrent pendant que Napoléon par la victoire des alliés, il s'imposa c en
entrait dans Téclipse. faisant le roi », comme s'il avait été
Le comte d'Artois arriva le premier Louis XIV. Quand Alexandre courut
comme « lieutenant général du royaume ». porter ses conseils à Compiègne où il
Sa bonne grâce plut aux Parisiens. Il s'attendait à être traité en restaurateur
annonça la fin de la conscription, des de la monarchie, Louis XVIII l'accueillit
droits réunis. Beugnot, ministre de paternellement, ne voulut attribuer qu'à
l'Intérieur, ancien préfet de l'Empire, lui la Providence tant d'extraordinaires évé-
fabriqua une belle parole qui fit fortune nements et prit aussitôt le pas, comme il
et fut démentie par l'événement : « II n'y convenait à un Bourbon sur un Romanof.
a rien de changé en France ; il n'y a qu'un Reçu au débotter par les maréchaux, il
Français de plus. » s'y prit si bien qu'on ne les entendit plus
Louis XVIII attendit la conclusion de parler que de la souveraine majesté du roi.
l'armistice (23 avril) pour passer le Détroit.
Louis XVin. — Il touchait alors à la soixantaine, très corpulent et goutteux, grand mangeur comme tous les Bourbons,
Talleyrand fut accueilli comme si l'ancien évoque d'Autun avait quitté de la veille le comte de Provence ; il resta chargé des négociations de paix.
Le traité de Paris. — Trois actes
ses grosses jambes infirmes toujours enve- diplomatiques ont réglé le compte de
loppées de larges guêtres de velours, l'Europe avec Napoléon, la Révolution
l'œil fin et dominateur dans un lourd et la France.
visage. Ni bon ni méchant, ni dur ni Le traité de Fontainebleau, comme
généreux, égoïste et épicurien à la façon on a vu, octroya l'île d'Elbe à Napoléon,
d'Horace dont il faisait ses délices, il se Parme à Marie-Louise et des dotations à
piquait d'être un * politique » ; il avait \m certain goût de la liberté et un vif sentiment de l'autorité royale qui lui tenait lieu de patriotisme.
Ayant vécu pendant l'exil des subsides
toute la famille.
La convention du 23 avril livra toutes les conquêtes de la Révolution dans les Flandres, sur le Rhin et sur les Alpes, c'est-à-dire Nice, les deux tiers de la
Savoie, la rive gauche, Broxelles et Anvers.
Les garnisons, que Napoléon avait laissées dans les forteresses depuis Luxembourg jusqu'à Dantzig, eurent la liberté d'en sortir avec les honneurs de la guerre, mais en abandonnant un immense matériel, qui valait plus d'un milliard.
Les alliés s'engagèrent à évacuer le territoire à mesure que la France rendi-ait les places.
Entin le traité de Paris (30 mai) confirma ces renonciations et rétablit la frontière du !*■■ janvier 1792, qui comprenait la vallée de la Sarre et Landau. Il accorda pourtant quelques rectifications et reconnut les réunions de Philippeville, Mulhouse, Montbéliard, Annecy, Chambéry et Avignon. L'Angleterre garda l'Ile de France, Sainte-Lucie, Saint-Domingue; la Guadeloupe et la Guyane furent restituées.
L'article i" du traité décida que « le partage des territoires cédés par la France serait réglé au congrès », qui se réunirait à Vienne, et « qu'il aurait lieu sur les bases arrêtées par les puissances entre elles », au traité de Chaumont. Le congrès se tiendra « entre toutes les puissances engagées dans la guerre ».
Les responsabilités. — La perte des frontières de la République incombe à Napoléon qui avait juré de les maintenir. Il ne tint son serment que selon la lettre. S'il eût traité à Chàtillon (comme le voulaient ses frères, les maréchaux, les grands dignitaires), il n'eût pas cédé moins de territoires et de richesses et peut-être n'aurait-il pas obtenu ce quelque chose de plus qu'Alexandre avait promis, en récompense de la déchéance, et queTalleyrand obtint.
Les diplomates signent les traités ; ce sont les généraux qui les font ^. Les Bourbons et Talleyrand ne firent que signer le douloureux traité.
Alexandre et les Prussiens. — Le roi de Prusse fut seul à réclamer de l'argent (i 7omillions) . Les autresalliés se récrièrent, surtout Alexandre. Il joua au magnanime, pourtant fit preuve de noblesse et parut quelque ois s'excuser d'avoir tant vaincu.
Toujours malgré les Prussiens, bien qualifiés pour se refuser « à consacrer le brigandage », il voulut que les trophées de la France lui fussent laissés ; les objets d'art, ramassés par toute l'Europe, qui ornaient le Louvre, y restèrent.
La nouvelle constitution fut préparée en même temps que le traité. Alexandre