MÉMORIAL ET CO M M E M' AI RES
meilleurs aiuis du monde au bout d'une de langage qui évoquent les charges
demi-heure ' ». soudaines de sa cavalerie, « à l'heure des
HudsoD Lowe. — La faute, ce fut « le cuirassiers ». choix détestable », comme dit Wellir.gton, C'est surtout dans sa correspondance
de sir Hudsou Lowe pour gouverneur de et dans ses Commentaires, dictés à la façon
l'île, non point qu'il fût mé chant, mais parce qu'il n'y avait pas d'homme plus sot, de l'avis de tous les commissaires, qui manquât davantage de monde — il invita Napoléon à dmer pour l'anniversaire du prince régent — et dont le jugement fiit plus faux et l'esprit plus niaisement soupçonneux.
Hanté par des terreurs morbides d'évasion et de complots, il imagina des surveillances si étroites et si mesquines que l'empereur renonça à monter à cheval et finit w „,,„. „^, „„ ,„ n,. . „
. j . Moulage pns par leDï^An-
par ne plus sortir de sa mai- toma?chi. Napoléon avait à son. Dès la première année, sa mon cinquante-deux ans.
Napoléon décida de ne plus le recevoir, toute conversation
(Cl. HachctU.)
de César, qu'il est un grand écrivain. Son style se confond avec la pensée elle-même et, comme sa pensée est toute action, avec l'action.
Ce style « napoléonien »
n'est pas toujours nu, s'il est presque toujours simple, presque géométrique ; il arrive que l'idée devienne image et la page en est alors deux fois illuminée. Ce n'est qu'un éclair, mais quel éclair ! Ainsi dans la célèbre formule :
« Lorsqu'on peut se servir de la foudre, il la faut préfâver au canon. » \
La fin. — Ses dernières années de Sainte-Hélène ne laissèrent pas que d'être assombries par les rivalités
avec ce encore
maniaque tournant à la querelle où il de ses compagnons d'exil et par Je départ
compromettait son caractère. de quelques-uns d'entre eux. 11 fut in-
Récit des campagnes de l'empereur. — formé de rhifidélité de Marie-Louise.
Pendant les six années de sa captivité. Dès 1818, il connut qu'il avait hérité de
Napoléon dicta le récit de ses principales son père, qui en était mort, un cancer de
campagnes et des commentaires sur les grands chefs de guerre qu'il admirait le plus, César, Turenneet Frédéric.
Le Mémorial de Sainte-Hélène et les Souvenirs de Montholon et de Gourgaud relatent ses conversations sur un grand nombre de questions militaires, littéraires et philosophiques.
Il y a pas mal de rhétorique, et qui est quelquefois de la moins bonne.
TO.MBE.VC DE NAPOLEON A SAI N I r. 1 1 lU.HXE Une dalle « sans nom » dans la vallée du Géranium. (Bibl. Nal., Est.)
l'estomac. Il avait dit, au quartier général d'Austerlitz, qu' « il faut savoir vivre et savoir mourir ».
On peut croire qu'avec son instinct profond de la beauté, il eut conscience que le rocher, où il était attaché, ne nuirait pas à sa gloire. Imaginez-le, après la seconde abdication, gentleman farmer dans une campagne du Sussex ou planteur à la Nouvelle-
dans ses proclamations et dans ses buUe- Orléans ! La médiocrité de ses vainqueurs
tins ; nourri du Conciones, il se croyait un ne pesa que l'intérêt immédiat.
pur classique, alors que ses images et ses Au commencement de 1821, sa fai-
procédés se rapprochent souvent de blesse s'accrut. Il ne dictait plus, se faisait
ceux du romantisme. Cependant, de quel- lire Homère et les guerres d'Annibal dans
ques-unes de ces pages, on peut dire, Tite;Live, n'ayant pu se procurer l'his-
comme il disait de ses victoires favorites : toire de Polybe ^.
«C'est du granit. D Son génie latin y II recommanda minutieusement qu'oi
éclate, et il a des brusqueries magnifiques observât à ses funérailles les rites reli-
r. Lord Keith.