‹ Francia; histoire illustrée de la FranceChapitre 513 sur 725 · GUIZOT (1787-1874I · texte numérisé non relu

GUIZOT (1787-1874I

THIERS II797-I877)- (D'après Sando0, BM. Na/., Est.)

pêcher qu'on n'en remît chaque jour en discussion le principe.

D'autres lois furent de réforme et d'améle commandement, d'une lioratioi sociale : la énergie d'airain dans grande loi de Guizot sur un long corps débile et l'instruction primaire , brûlé de fièvre, avec la élémentaire et supévolonté d'attirer tout à rieure ; celle de Thiers lui, « les affaires comme sur la construction et ^(ctMdam'sLiomon.j les haiues », il dominait l'administration des chede son mépris «les mi- mins vicinaux ; les lois sères d'une popularité de Vanités et de sur les caisses d'épargne, la suppression criaillerie », et, sauf l'intérêt de l'Etat, des loteries, la compétence étendue des ne voulut rien connaître. juges de paix.

Quand il fut emporté, au bout d'un an La loi de 1834 sur l'état des officiers

de régne, par la première épidémie de fit du grade une propriété ; elle reste en choléra qui atteignit la France et dont vigueur.

il avait contracté le germe en visitant les La Révolution de Juillet au dehors. —

hôpitaux, la monarchie bourgeoise avait Pareillement, dans les choses du dehors, perdu « l'apparence d'un gouvernement le gouvernement, né d'une révolution provisoire » (mai 1832). accomplie pour la défense de la liberté.

Ses successeurs (d'abord le duc de s'appliqua à faire le départ « entre les Broglie, Thiers et Guizot dans un même idées et les forces diverses qui avaient été ministère, puis Thiers en 1836, Mole déployées autour de son berceau ' ». de 1836 à 1839) s'appliquèrent à pour- L'ébranlement causé par la Révolu-

suivre la politique dont il avait donné la tion de Juillet fut ressenti dans formule : « Au dedans l'ordre, sans sacri- presque toute l'Europe. Des révoltes fice pour la liberté ; au dehors, l'ordre éclatèrent en Italie (à Modène et dans les sans qu'il en coûte rien à l'honneur»; Romagnes), en Espagne et en Portugal, et chacun selon son tempérament, Bro- dans l'Allemagne du Nord, et deux véri- ''lie avitec cette parfaite loyauté d'esprit tables révolutions en Pologne et en qui ne craint pas de donner raison au fait Belgique.

sur la théorie, Thiers avec le feu d'une Les plus ardents des combattants de

intelligence qui s'attaque à tout et Juillet, dans la joie de la victoire et domine presque tout, Mole avec la belle du drapeau tricolore retrouvé, méconprobité d'un grand commis exact de nurent le sens de ces mouvements, regarl'empereur. Mais aucun n'y porta comme dèrent vers le Rhin et réclamèrent une Perier cette sorte de génie, à la vérité guerre qui réveillerait «les échos des âpre et violent, qui donnait un air de marches de la Convention et de l'Emnoblesse au « système », le moins propre pire ^ ». aux belles déclamations, du « juste C'eût été provoquer une nouvelle

coalition des grandes puissances conti- L'ordre une fois nentales et de l'Angleterre elle-même.

milieu ».

Les lois de réforme.

assuré dans la rue, le gouvernement de Elle n'aurait pas davantage cédé à Louis- Juillet s'appliqua moins à innover dans Philippe qu'à Napoléon, à la Convention la législation qu'à assurer par des garan- et à Louis XIV sur la Belgique et sur le tics solides le respect du droit et de la Rhin.

liberté. Politique de non-intervention. — Ni

Les lois sur le jury, sur les associations, Louis-Philippe, ni Talleyrand, ambâssa-

sur le régime des aliénés, sur l'expro- deur à Londres, et, de Londres, le véri

priation publique, sur l'organisation des assemblées départementales, sur les tribunaux de conmierce, furent heureusement corrigées

table ministre des Affaires étrangères, tous deux loiu-ds d'une longue expé rience, n'étaient hommes à jouer un pareil jeu. Laftitte lui-même, si empressé

Casimir Perier

Des lois dites « de septembre », après qu'il fût de céder aux démonstrations

l'attentat de Fieschi, sur la répression populaires, affirma «la politique de non-

des délits de presse, Victor Hugo a intervention ». Enfin, ^"'-™=' o— ;— écrit qu'elles furent « des lois de claire voie » ; elles entendaient faire rentrer i, guizot.

tous les partis dans la Charte et em- 2. Quinet.

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DUC UAL MALE

(D'après KaiTet.)

aison à la

prononça le grand mot :

f Le sang français n'appartient qu'à la France. »

Il dit encore qu'il fallait vouloir la paix * comme on veut la justice ».

En fait, l'immense majorité de la France voulait la paix, mais la plupart des meneurs de l'opinion n'eurent pas le courage de donner raison.

D'autre part, la France ne saurait se désintéresser des événements qui se produisent dans des États assez voisins du sien pour que leur destinée importe à la sienne.

Ce n'est pas le cas de la Pologne ; la malheureuse nation en conviendra ellemême : « Dieu est trop haut et la France est trop loin. » Par contre, quand il s'agit de la Belgique ou de la Suisse, de l'Italie ou de l'Espagne, la monarchie pose en principe qu'elle n'y souffrira aucune intervention étrangère, sans interv'enir elle-même.

Elle ne réclame aucun avantage particulier, mais rien ne doit se décider sans elle.

Indépendance et neutralité de la Belgique. — La révolution de Bruxelles contre la domination hollandaise a suivi de près la révolution de Paris (aoûtseptembre 1830). Comme le roi des Pays- Bas a fait aussitôt appel aux souverains garants des traités de Vienne et a réclamé leur intervention armée contre les Belges rebelles, Talleyrand a suggéré à Londres d'arbitrer le conflit dans une conférence à cinq.

L'Angleterre ayant accueilli l'idée et l'ayant fait accepter à Vienne, à Berlin et à Pétersbourg, la monarchie de Juillet fut admise, sans débat, dans le concert européen. Elle y parut aussitôt avec la politique traditionnelle de protectrice des petites nationalités.

La satisfaction d'orgueil qu'a eue Louis X I\' en acceptant le trône d' Espagne pour son petit-fils a précipité le royaiime dans la guerre désastreuse de la Succession ; Louis- Philippe a la sagesse de refuser pour son fils Nemours la couronne que lui offre le Congrès national de Bruxelles.

Dès lors, le concours de l'Angleterre reste assuré : il l'est d'autant plus que Talleyrand consent à la candidature du prince Léopold de Cobourg, v'euf d'une princesse anglaise et qui va épouser l'une des filles de Louis-Philippe.

Le 20 décembre, la conférence reconnut l'indépendance de la Belgique et, le 20 janvier suivant, proclama la neutralité perpétuelle du nouvel Etat, sous la garantie des cinq grandes puissances.

Anvers et Ancône. — Quand le roi des Pays-Bas repoussa les décisions de la conférence et envahit la» Belgique, une armée française se porta au secours de la jeune nation, mit le siège devant Anvers et en chassa les Hollandais (1832).

C'était bien le système de Metternich qui tombait en pièces.

L'année d'avant, les Autrichiens ayant prétendu être seuls à rétablir l'ordre dans lés Etats du pape, Casimir Perier avait envoyé à Ancône un régiment ; il l'y maintint tant que les Autrichiens n'eurent pas rappelé leurs troupes.

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