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CONQUÊTE DE L'ALGÉRIE

T ES avantages de cette politique n'ont *-• été reconnus que longtemps après ; la paix en Europe et l'alliance anglaise étaient par surcroît les conditions nécessaires de la conquête de l'Algérie.

Cette grande affaire ne fut pas poursuivie dans les premiers temps avec la méthode et la vigueur qu'il eût fallu. La Chambre fut loin d'être unanime ; il s'y produisit des discussions mesquines et hargneuses. Les militaires furent lents à saisir la portée de l'entreprise. Ils préconisèrent l'occupation restreinte, réduite aux villes de la côte. Thiers dit rudement que ce serait « un non-sens ». Nos établissements auraient été constamment en alerte sous la menace des tri*"i'=.

Ce fut la force des choses qui imposa

le plus grand effort. Avant la fin du règne, la conquête du vieux nid des pirates barbaresques fut étendue à toute l'Afrique du Nord depuis les confins de la Tunisie à ceu.x du Maroc.

Abd-el-Kader. — L'occupation d'Oran nous mit aux prises dès 1832 avec l'émir Abd-el-Kader, Arabe de « grande tente », fils d'un marabout qui passait pour chérif, c'est-à-dire descendant du Prophète , lui-même moitié prêtre, moitié soldat, cavalier infatigable, avec, à vingt-quatre ans, quelques-unes des plus belles qualités d'un chef.

Les tribus arabes, comme autrefois les tribus gauloises, étaient constamment en querelle les unes contre les autres. Il fut leur Vercingétorix, les réunit autour de

( ONQL Ê l'E DE L' ALGERIE.

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(U. Brauit.)

~\ lui. Les bienfaits de la l'ivilisalion occidentale leur importaient aussi peu que jadis aux Gaulois ceux de la civilisation romaine. Les Français étaient l'étranger et, par surcroît, Vin fidèle.

Les Arabes, vieille

nation guerrière, furent,

sous ce chef hardi et

rusé, des adversaires

Un sanglant succès qu'ils

redoutables

remportèrent au détilé de la Marfa, irrita une opinion jusqu'alors un peu stagnante. Le maréchal Clauzel, nommé gouverneur de l'Algérie, vengea avec éclat cet échec, s'empara de Mascara, capitale d e l'émir, puis, l'année d'après, occupa Tlemcen.

Abd - el - Kader,jouant la comédie de la soumission, obtint du général Bugeaud le trait é de la Tafua qui lui laissait de grands avan tages (1837).

Le duc d' O rléans, lils aîné du roi, rejoignit

l'armée en Algérie ; il y fut bientôt suivi par ses frères Nemours, Joinville et Aumale.

Constantine. — A l'autre extrémité de l'Algérie, il fallut deux campagnes pour venir à bout de Constantine.

Clauzel s'était flatté de l'enlever de vive force, avec 5 000 hommes déjà épuisés par une marche pénible sous des pluies torrentielles. Repoussé avec de grosses pertes, il fut admirable dans la retraite, où Nemours ne fut pas moins ferme.

A l'automne suivant, le général Damrémont, qui avait remplacé Clauzel au gouvernement de l'Algérie, mit le siège devant la ville. A la veille de l'assaut, il fut tué en arrière d'une batterie comme avait été frappé Turenne. Valée prit le commandement. Le lendemain, en une heure d'un terrible combat, Constantine

BIH.EAUD (1784-1849)-

(D'après Larivière,

/ ersailics. ]

fut emportée (octobre 1837).

Bugeaud. — Restait Abd-el-Kader que le traité de la Tafna avait grandi aux yeux des Arabes, m'avait conclu comme une trêve pour se donner le temps de préparer la guerre sainte avec l'appui du sultan du Maroc ; l'ayant proclamée, il ne fut réduit qu'après huit années de dui's combats (1839-1847)- La gueiTe fut conduite dans cette dernière période par un très grand chef.

Bugeaud avait été, dans les premiers temps, im adversaire déclaré de l'entreprise 'africaine, ce qu'il ne craignit pas de rappeler en prenant le commandement :

« Le pays s'est engagé, je dois le

suivre. »

« Mais, dit-il aussitôt, la guerre, indispensable aujourd'hui, n'est pas le but. La conquête serait stérile sans la colonisation. Je serai donc colonisateur ardent, car j'attache moins de gloire à vaincre dans les combats qu'à fonder quelque chose d'utilement durable pour la France. »

Il avait pour devise : Ense et aratro, « par le glaive et par la charrue ». Tout notre système d'administration coloniale date de lui. Il fut exactement le fondateur de l'Algérie.

Isly. — Les principaux événements de cette seconde partie de la guerre d'Afrique furent la prise de la Stnala (ville ambulante de tentes) d'Abd-el- Kadcr par le jeune duc d' Aumale, la victoire de l'Isly sur l'armée marocaine, venue au secours de l'émir, les bombardements de Tanger et de Mogador par l'escadre du prince de Joinville et fa conquête des montagnes du Dahra.

Abandonné par l'empereur du Maroc et traqué de toutes parts, Abd-el-Kader

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