‹ Francia; histoire illustrée de la FranceChapitre 526 sur 725 · PRÉSIDENCE DE · texte numérisé non relu

PRÉSIDENCE DE

T A reine Hortense avait dit de son fils ^ qu'il était un « doux obstiné », ce qui fut, en effet, sa plus grande force et explique presque tout de son aventure.

Il n'avait rien de l'Empereur, ni au moral, ni au physique, mais il n'eut pas d'autre modèle et, si changés que.fussent les temps, il s'appliqua constamment à le recommencer.

Dès qu'il eut l'âge d'homme, il se proposa deux objets principaux : le rétablissement des institutions impériales, dictature à base de démocratie, et l'abrogation des traités de 1815 en même temps que la constitution des grandes nationalités annoncées à Sainte-Hélène.

Une volonté, d'un acier très fin et qu'il dissimulait sous de la bonne grâce et un air de rêve, lui tint lieu de génie tant qu'il ne l'eut pas usée par l'abus de la vie.

Il avait de la bonté et de la chevalerie : charmeur et, surtout, impulsif.

Sur de son étoile, ce qui ne l'empêchait pas de vaciller devant l'action, il ne vit dans la présidence de la République qu'un autre Consulat en attendant l'Empire. Il s'y achemina d'abord en souterrain, n'ayant jamais admis qu'il ne fût au pouvoir que pour la durée légale de son mandat et qu'il pût, après quatre années, rentrer dans la vie privée.

Les républicains de principe eurent de bonne heure le soupçon que son ambition était d'hériter, dès que l'occasion serait favorable, de la République, et lui furent aussitôt hostiles : les monarchistes, qui se croyaient assurés de se servir de lui,

(1400000), à Ledru-Rollin (370000), à Raspail (36 000) et à Lamartine (20 000).

Prestation de serment. — Il fut installé, le 20 décembre, dans une séance de l'.Assemblée. Le président Marrast lut la formule du serment': « En présence de Dieu et devant les hommes, je jure de rester fidèle à la République démocratique et de défendre la Constitution. »

Louis-Napoléon, à la tribune, dit d'une voix forte : « Je le jure. »

Son ancien précepteur. Vieillard, s'écria : « Je le connais, c'est un honnête homme ; il tiendra son serment. »

Louis-Napoléon ajouta : « Je regarderai comme ennemis de la patrie tous ceux qui tenteraient par des voies illégales de changer la forme du gouvernement. »

En descendant de la tribune, il se dirigea vers Cavaignac et lui serra la main.

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