PARIS ET SES FORTS EN 187O
tions, elles devinrent les principaux objectifs des tentatives de Paris pour rompre le cercle ennemi.
L'enceinte était flanquée de 94 bastions et protégée par i > forts détachés ; le IMont-Valérien était une véritable citadelle. La défense vers l'Est fut assurée à la grande boucle de la Marne, entre [o in ville et Champigny.
L'armée active comprenait deux corps d'armée (Renault et Vinoy) et un équipage de flotte. Les gardes mobiles (125 000 hommes) étaient so-
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jSyo. — GAMBETTA A TOURS.
lides. Les bons éléments lie manquaient pas à la cohue de 300 000 gardes nationaux.
Paris, que les Allemands croyaient approvisionné pour un mois, l'était pour quatre; il l'eût été pour plus de ___^ temps si on avait ra-
TRCscHU ,1815-1896). tionné plus tôt.
{Cl. Camus j. Le génie de la grande
ville, synthèse magnifique de la France, se plia vite aux exigences de la guerre, qui la coupait du monde. Plus de communication avec le dehors que par ballons et par pigeons voyageurs, oiseaux sacrés du siège. Plus de gaz, plus de théâtres, rien que l'obscur silence d'une ville du moyen âge avec le couvre-feu.
Partout l'uniforme de la garde nationale. Les vieillards troyens s'assoyaient vristement aux portes Scées ; Hugo, revenu d'exil, Duruy, ancien ministre de l'Empire, Théophile Gautier, accouru parce qu' « on battait maman », Pasteur, montèrent la garde aux remparts.
La faiblesse de la défense, ce sera Trochu. Il eût fallu Kléber ou Pélissier. L'un des plus beaux chefs de Crimée et d'Italie, esprit critique de premier ordre, il manquait d'audace et de foi. 11 mit la tête de l'armée Ducrot, qui s'était évadé de Sedan et dont les qualités et les défauts étaient à l'opposé des siens.
La guerre en province. — L'invasion couvrit méthodiquement les provinces de l'Est, pour assurer les communications avecl' Allemagne, et commença à s'étendre vers le Nord et l'Ouest.
Les villes fortifiées des régions frontières firent presque toutes de belles résistances. Strasbourg, avec son vieux gouverneur, le général Uhrich, et le préfet de la défense, Valentin, ancien représentant à la Législative, qui avait réussi à franchir les lignes allemandes, supporta un bombardement d'un mois avant de hisser le drapeau blanc au sommet de la cathédrale. Sch l'^s t ad t , Phalsbourg, Thionville.Toul, Verdun, Mont médy, Mézières, Kocroy tinrent jusqu'à la destruction de leurs ouvrages ou l'épuisement de leurs vivres. Bitche, Langres, Belfort, défendu par le colonel Denfert-Rochereau, furent ^i imprenables.
A Metz, Bazaine entra en conversation avec
un agent de Bismarck (Régnier), qui se disait envoyé de l'impératrice et que Bourbaki consentit à suivre en Angle
JULES FAVRE (l8og-i88o).
terre. Dès qu'il connut f l'imposture, Bourbaki rentra en France, où il se mit aux ordres du gouvernement de la Défense.
Perte d'Orléans. — Il n'y avait pas 30 000 hommes armés dans la région de la Loire, mal équipés, à peine cousus ensemble. Les Bavarois de von derTann eurent vite fait démettre en déroute le pauvre i^'^ coips du vieux La Motterouge et d'occuper Orléans. Il n'y eut de résistance qu'à Châteaudun, où les francs-tireurs de Lipowski disputèrent la ville, rue à rue.
Le gouvernement de Tours était sans autorité ; dans toute l'administration régnaient le désordre et l'incurie.
Gambetta à Tours. — Avisé de la faiblesse de ses délégués, le gouvernement de Paris décida d'envoyer Gambetta à Tours, avec de pleins pouvoirs et voix prépondérante. Le refus de l'armistice imposait l'ajournement des élections ; ministre de l'Intérieur, il fera exécuter le décret.
Gambetta quitta Paris en ballon avec son ami Spuller, échappa par miracle à des fusillades de soldats allemands, débarqua à Montdidier et courut à Tours. Son voyage aérien frappa les imaginations. Il fut reçu par les foules avec des acclamations et par ses collègues avec méfiance. Malgré eux, après l'avoir en vain offert au général Lefort et à l'amiral Fourichon, il prit le ministère de la Guerre où il s'adjoignit comme délégué un ingénieur d'une capacité puissante, d'une intelligence claire et précise, Charles de Freycinet.
Découvreur d'hommes, il s'entoura de collaborateurs compétents et actifs, (Ranc, Cazot, Clément Laurier, Steenackers), conclut un emprunt à Londres, acheta des canons et des armes.
Organisation de la défense. — La levée en masse {environ 600 000 hommes) s'exécuta. A une représentation delà Jeanne d'Arc de Schiller, le roi Guillaume dira un (1838-1882).
jour : « Et moi, aussi, (ci. Carjat.}
CARTE DES CHAMPS DE BATAILLE. — iSyo-1871.
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