‹ Francia; histoire illustrée de la FranceChapitre 608 sur 725 · I.' i: M i>i:kk LR a l le m and a tangek · texte numérisé non relu

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profit de toutes les puissances ; leurs au Maroc ne pouvait être réglée que par

intérêts économiques ainsi sauvegardés, une conférence internationale entre les

elles n'avaient qu'à gagner à une entre- signataires de la convention de iSSo

prise qui agrandirait assiuréinent d'un (mars-avril iqo6).

magnifique morceau notre empire afri- Le conflit franco-allemand. — L'objet

cain, mais dont le résultat serait de faire principal de l'Allemagne, en soulevant le

régner l'ordre et la paix dans un pays conflit marocain, ce fut d'affirmer sa

féodal, toujours en proie aux révolutions suprématie dans le monde : rien, même

et rebelle à la civilisation occidentale. de ce qui lui était étranger, ne devait

Aussi les traités ne soulevèrent-ils plus s'y faire sans sa pemaission et,

d'abord aucune objection du gouverne- nécessairement, sans qu'elle en tirât

ment allemand, si irrité qu'il fût de profit.

l'entente franco-anglaise : le chancelier Pendant les sept années (1905-1912)

Biilow dit au Reichstag qu'il n'y «avait que dura la crise marocaine, périodi-

aucun motif de cr a i n d r e que les intérêts de l'Empire eu reçussent aucune atteinte ».

L'Allemagne n'avait d'ailleurs aucune possession sur la Méditerranée ni dans l'Afrique d u Nord. .Mais ce ne fut pas lavisdespaugerman i s t e s qui conunencèrent aussitôt une furieuse propagande contre la prétention de la France

CARTE DU M.AROr

quement rouverte par un coup de théâtre allemand, le gouvernement de Berlin chercha tout le temps à placer la France dans l'alternative :

ou la guerre, alors que la Russie, épuisée par ses défaites en Mandchourie et tourmentée par les agitations intérieures, n'aurait pas pu tenir les engagements de l'alliance; ou

et de l'Angleterre de placer l'Allemagne l'humiliation qui aurait fait conclure à

devant un fait accompli. l'inefficacité de l'entente anglaise.

L'Empereur allemand à Tanger. — La France ne fut à aucun moment

L'aeitation des pangermanistes répon- plus résolument pacifique, mais s'habitua

dait trop bien à la pensée maîtresse de la de nouveau à l'idée de la guerre ; l'idée

politique mondiale » pour ne pas l'em- resta dans l'air, du fait de l'Allemagne,

porter sur des conseils plus sages. Le chancelier attendit cependant toute une année avant d'engager la politique qui allait faire planer désormais sur l'Eu rope la menace toujours plus lourde d'une guerre nouvelle.

et les nerfs s'agacèrent.

Les gouvernements successifs (de Rouvier, de Clemenceau et de Caillaux) qui subirent les assauts allemands, réussirent à éviter la guerre sans acheter la pai.x avec de l'honneur ; mais il y eut

Ce fut (du propre aveu de Bdlow) des heures difficiles, anxieuses, angois-

sur son conseil que l'empereur (de cette santés.

espèce d'hommes qui voient le mieux L'opinion fit souvent plus que de

avcmt de suivre le pire) débarqua, au soutenir les gouvernements ; elle les

cours d'une croisière, à ') anger. Il y orienta plus d'une fois vers la solution

prononça une allocution d'un ton très la plus sensée ou la plus ferme, alors que

âpre en fiveur de l'indépendance et de les ministres n'étaient pas d'accord entre

la souveraineté du .Maroc. eux.

Quelques jours plus tard, le gouver- L'Angleterre tint toutes ses pro-

nement de Berlin déclara qu'il n'acceptait messes. Si l'Autriche resta le «second»

pas le traité franco-anglais ; la situation de l'Allemagne, l'AngieteiTe du roi

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