Portrait pf Bonnit
KKNAN. — 1 H 2 3.1892.
règles positives sont très rares et qu'il entre daiis la critique elle-même une p^t considérable de subjectivisme.
Alors que Taine s'armait des « petits faits • comme d'une massue, Renan n'attribua à la plupart des faits particuliers qu'une valeur symbolique. Dans l'histoire des religions, le symbole se substitua au miracle.
L'importance de la science des religions avait presque totalement échappé à l'Encyclopédie ; toute l'œuvre de Renan la proclama.
Les études bibliques, à l'origine françaises, brillantes et puissantes avec Richard Simon, avaient passé en Allemagne. L'Evangile était réduit au catéchisme, la Bible était un livre fermé.
Renan reprit l'œuvre interrompue à la révocation de l'édit de Nantes. La science religieuse rentra par lui (et par la Faculté de Strasbourg) dans l'histoire générale de l'esprit humain, où il n'y a désormais pas plus de place pour le scepticisme superficiel que pour la dogmatique traditionnelle.
Quand la Vie de Jésus souleva un double concert d'anathèmes et d'éloges, * un ouragan de gloire », il protesta contre toute interprétation de ses travaux qui verrait en eux des œuvres de polémique ; « il ne voulait pas être pris pour Voltaire ' ».
Il resta invariablement fidèle à sa méthode : quand les documents positifs font défaut, ne réclamer pour l'histoire