COURBET
l'imagerie jusqu'au jour où elle se releva avec l'àme croyante d'un « j-magier » contemporain.
Chenavard esquissa pour le Panthéon une peinture philosophique.
Deux grands dessinateurs, Charlet et Raffet, renouvelèrent la peinture militaire ; ils découvrirent le soldat qui avait été à peine un accessoire pour les historiographes de Louis XIV. Les peintres de la guerre de 1S70, Détaille et Neuville, se rattachèrent à eux.
Gavami et, surtout, Daxmiier, peintre et lithographe, qui s'égala parfois à Rembrandt, tirent l'histoire politique et sociale de la monarchie de Juillet.
Gustave Doré, Constantin Ghuys, Chéret, d'autres encore, dessinateurs et peintres, romantiques et réalistes, traduisirent la vie moderne et les chefsd'œuvre de la littérature dans des livres et des journaux illustrés, et dans l'affiche. Peinture de genre. — La peinture qui, de tous temps et en tous pays, s'est accommodée par ses dimensions aux demeures et par ses sujets au goût de la plupart des particuliers, c'est le genre, à Pompéi comme en Hollande.
Le plus célèbre de nos « Hollandais 0 fut Meissonier ; il descendit souvent à la miniature et s'évada une fois dans l'épopée (Dix-huit- cent-quatorze) .
Cependant, le c genre » évolua ; l'homme, la vie même devinrent plus intéressants que le sujet. A la différence de Courbet, qui prétendait atteindre à toute la vérité, les réalistes « modérés » ne se désintéressèrent pas de la poésie, mais, comme Gœthe, placèrent dans la réalité la source de la poésie.
Dans ce domaine, qui s'étend à toute la nature, la diversité des talents fut très grande. Les frères Le Nain avaient été encore seuls à regarder aux drames de la vie ouvrière. Les paysagistes remplacèrent par des paysans, des vrais, les Adonis et les Galatée qui servaient d'excuses à la peinture des guérets et des chênes.
Léopold Robert a peint la joie des pêcheurs napolitains, Hébert la mélancolie fiévreuse des filles de la campagne romaine, Jules Breton la gloire des moissons françaises, Bastieii Lepage l'amour jeune et le travail harassé au chaume lorrain, Roll la misère et la colère des ouvriers en grève.
Millet ne fut pas moins amoureux de la terre que Virgile, mais avec un sentiment profond de l'homme de la glèbe, plus proche d'Adam, qui mange son pain à la sueur de son front, que de Tityre, mollement étendu dans Fherbe.
Courbet. — La prétention de Courbet que«le réalisme est par essence l'art démocratique « exclurait de la cité nouvelle im grand nombre des chefsd'œuvre de l'esprit humain. Plus simplement, le maître d'Omans avait coutume de dire que, s'il ne peignait pas des déesses et des anges, c'est qu'il n'en avait point vu.
11 peignait ce qu'il voyait, grassement, parfois poussant au noir, d'une poigne de paysan, avec une joie magnifique de s'ébattre dans la vie, franc-comtois dans les moelles, c'est-à-dire français avec de l'Espagne à ses sabots. — S'il subit ime influence, ce fut celle de Vélasquez. — Et ce qu'il avait sous les yeux, il le traduisait avec une sincérité implacable, les durs Casseurs de pierre, les Baigneuses, les belles filles qui criblent le blé, les grosses « demoiselles de la Seine», V Enterrement à Ornans, le Retour de la conférence, la Remise des chevreuils.
Le mot célèbre que « le dessin est la probité de l'art » avait fini, à force d'interprétations fausses, par sembler s'appliquer seulement aux pires contrefaçons académiques. Degas, aussi réaliste que Courbet, en montra toute la vérité dans ses innombrables études du corps humain en mouvement. Ingres, .ivec une interprétation plus noble de la nature, n'a pas mieux dessiné que lui.
Les paysagistes. — Comme dans la littérature, le paysage triompha dans la peinture du xix*^ siècle ; Lamartine et George Sand avaient achevé de faire de la nature une province de l'art.
Les voyages en Italie, au siècle précédent (Fragonard, Hubert Robert), et en Orient, aux premiers beaux jours du romantisme, n'avaient pas été inutiles à l'éducation du paysagiste français.
Maintenant, les yeux grands ouverts, il pouvait rester chez lui, au terroir et dans le vaste silence des bois de La Fontaine.
Du précurseur Georges «Michel à Cézanne, toute la merveilleuse diversité de la France, 'de son ciel léger et de ses eau.x claires, de ses forêts épaisses et de
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VORTRAir DE BERTIN AINE, PAR INGR-ES
(Musée du Louvrt.)